"Cette décision est pire que ce qui s'est passé le 28 février." Les lamentations de cette habitante de l'Aiguillon-sur-mer sont assez représentatives de ce qu'ont ressenti les sinistrés de la tempête Xynthia au moment de découvrir la cartographie des zones inhabitables révélée par Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, après le conseil des ministres de mercredi. Alors que la confusion règne toujours autour des délimitations de ces fameuses zones "noires", les larmes des mécontents pourraient bientôt se changer en colère.
Au total, 1393 habitations devront être démolies, dont 595 pour la seule Charente-Maritime, où douze communes se trouvent en zone "noire" et quatre en zone "jaune", dans laquelle "la population peut continuer d'habiter mais avec des prescriptions claires". Les personnes lésées seront indemnisées à hauteur de 250 000 euros en moyenne par maison rasée, a annoncé ce jeudi Bernard Spitz, le président de la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA).
"Certains accommodements"
C'est le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, également président du conseil général de Charente-Maritime, qui a jeté le trouble sur cette liste de communes, en lançant sur les ondes de France Info un "rien n'est encore figé" au lendemain de la déclaration solennelle de M. Chatel, avant de préciser : "Il pourra y avoir certains accommodements si des études montrent que pour telle ou telle maison, on peut trouver d'autres solutions." Ce qui a donné naissance à un début de cacophonie.
Dans la foulée, le préfet de Charente-Maritime, Henri Masse, lui a répondu : "Les zones noires sont arrêtées, définies, elles sont portées à la connaissance des maires." Puis d'enfoncer : "Il n'y a pas de négociations possible sur ces zones." Le préfet a enfin enjoint les sinistrés à se résoudre à quitter leurs maisons. Facile à dire. Lors des réunions d'information organisées dans les communes concernées, le ton monte. La cartographie a beau avoir pour but de "protéger la vie", dixit M. Masse, Mireille Nourisson, de l'Aiguillon-sur-mer, ne décolère pas : "On va se battre, on ne va pas se laisser faire comme ça."


































