Comment abordez-vous ce deuxième tour?
Mobilisé. Je suis beaucoup sur le terrain car nous avons besoin de mobiliser davantage. C’est pour cela que je dis à celles et ceux qui ont voté pour nous aux précédentes élections que leur soutien est essentiel afin de faire la différence dimanche prochain.
Comment expliquez-vous le fort taux d’abstention de dimanche dernier?
La priorité des Français, c’est : “Sortez-nous de cette crise”, et, comme les Régions n’ont rien fait pour les aider, ils se sont dit que cela ne servirait à rien d’aller voter. Moi, je leur dis au contraire, que les Régions ont un rôle primordial à jouer : l’Etat a tout mis en œuvre pour cette sortie de crise, et les Régions socialistes se sont clairement posées comme des contre-pouvoirs. D’un côté, l’Etat a appuyé sur l’accélérateur, et de l’autre, les Régions socialistes ont appuyé sur le frein.
Les Régions socialistes étaient contre le plan de relance?
Bien sûr, et les responsables socialistes l’ont clairement dit. Les Régions gérées par le parti socialiste n’ont pas soutenu le plan gouvernemental, qui était, je le rappelle, de 32 milliards d’euros. Au contraire, toutes les Régions socialistes ont augmenté les impôts. Pas pour investir, mais pour augmenter le train de vie des Régions de 20 % en moyenne. Le seul plan de relance des Régions socialistes a profité à leur budget communication. C’est du gaspillage d’argent public !
Comment expliquez-vous alors que l’UMP soit en difficulté dans les Régions qu’elle gère?
En Alsace, il y a un sondage qui donne un point d’avance à la gauche, et un autre qui nous place à égalité. Ca va se jouer dans un mouchoir de poche et c’est la mobilisation qui fera la différence. De plus, il s’agit d’élections à mi-mandat, et ce type d’élections est toujours difficile, quelque soit le pays et le pouvoir en place. Les électeurs ne se mobilisent pas comme pour une élection présidentielle.
Après les résultats du premier tour, il y a eu des critiques au sein de l’UMP sur la manière dont la campagne a été menée. Qu’en pensez-vous ?
Chacun doit apporter son soutien à nos candidats qui sont sur le terrain depuis des mois. D’ici le deuxième tour, le plus important est d’être à leurs côtés.
Certaines voix s’élèvent contre la stratégie de Nicolas Sarkozy, et notamment l’ouverture vers la gauche…
Je suis fier d’être dans un parti qui n’est pas sectaire. Ce serait stupide de se passer de certaines compétences sous des prétextes partisans.
Le résultat du premier tour remet-il en cause la stratégie du parti unique ?
Au contraire. L’union est toujours une force. Et les alliances conclues par le parti socialiste ne vont pas permettre un report automatique des voix. Les électeurs d’Europe écologie l’ont dit : ils ne veulent pas de fusion des listes. Par ailleurs, nous avons fait 27 % au premier tour. Sans liste d’union, nous aurions fait peut-être 21 %, et nous aurions dû perdre du temps pour trouver des accords avec nos alliés. Pendant que le PS et les écologistes étaient en pleines tractations, nous avons réuni plus de 10 000 personnes dès le lendemain du premier tour des élections.
L’UMP aurait peut-être pu bénéficier du vote écologiste si le président n’était pas revenu sur le Grenelle de l'environnement…
Mais le Grenelle de l’environnement n’a jamais été remis en cause ! Les agriculteurs sont les premiers à prendre en compte l’environnement : c’est leur outil de travail. Ce qui a été dit, c’est qu’avant de mettre en œuvre de nouvelles normes, il faut regarder comment on va mettre les choses en place, et qui paye. C’est tout. Et puis, qui a mis en place le Grenelle de l’environnement ? C’est nous. Qui a mis en œuvre le bonus écologique pour rénover le parc automobile avec des voitures plus propres ? C’est nous.
Le discours de François Fillon hier remettait clairement le thème de l’insécurité au centre du débat. C’est une manière de faire revenir les voix qui se seraient égarées vers le Front National?
La sécurité n’est pas une priorité seulement pour l’UMP : c’est une priorité pour tous les Français. Et si nous en parlons pendant ces élections, c’est parce que la Région a un pouvoir de décision important en la matière. Par exemple, la proposition de Bruno Béchiza de réserver un espace dans les trains de banlieues où les femmes seraient mieux protégées, ça a fait sourire les observateurs, mais pas les femmes concernées. Dans toutes les régions que l’on gèrera, nous allons renforcer la vidéosurveillance dans les gares, dans les transports et aux abords des lycées.
Vous avez été reçu jeudi par Nicolas Sarkozy. Va-t-il y avoir un remaniement après les élections?
Je sais seulement que nous allons continuer les réformes dont la France a besoin, celles des retraites, de la justice, de la dépendance et des collectivités territoriales.



































