Parce qu'il aurait quatre femmes, qui toutes portent le niqab et percevraient de façon illégitime l'allocation de parent isolé, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a exprimé le souhait qu'un homme d'origine algérienne soit déchu de sa nationalité française acquise par mariage en 1999 (lire "Hortefeux contre-attaque").
Apparemment à l'origine de cette affaire : l'amende dont a écopé son épouse (ou l'une d'entre elles...), pour avoir conduit dans les rues de Nantes revêtue d'un niqab entravant son champ de vision (lire "Une amende pour niqab au volant").
Sur fond de débat national quant à la probable interdiction du port du voile intégral dans les lieux publics, la femme de 31 ans a contesté l'amende et largement médiatisé sa cause.
"La double médiation n'est pas le fait du gouvernement, du ministre de l'Intérieur ou de la majorité"
Pour Dominique Paillé, le porte-parole adjoint de l'UMP interrogé par RTL ce samedi matin, il n'y a pas de liens de cause à effet entre les deux affaires, et en tout cas pas d'intention du gouvernement de médiatisation ou de stigmatisation, mais la seule "volonté de faire respecter le droit" sur deux terrains bien distincts.
D'une part une infraction au Code de la route déconnectée de la question du niqab, dans la mesure où l'article de loi invoqué par le policier verbalisateur porte sur "tout ce qui peut représenter une entrave à l'aisance au volant" et non au voile en tant que tel.
Selon lui, l'affaire n'aurait pas fait les gros titres s'il n'y avait pas eu contestation de la verbalisation : "c'est la protagoniste elle-même qui a médiatisé ce cas".
Par ailleurs, l'affaire qui concerne le mari de la conductrice est une question de société. N'écartant pas l'hypothèse "qu'il y ait eu autour de ce personnage quelques recherches préalables à la verbalisation de sa femme", Dominique Paillé affirme qu'en tout état de cause, la pratique de la "polygamie, s'y elle est avérée, est interdite en France et n'importe qui pouvant s'y livrer est passible de sanction". Il en va bien sûr de même des auteurs d'escroqueries à la Sécurité sociale.
Selon iTélé, l'homme âgé de 35 serait gérant d'une boucherie hallal. Il aurait sans doute plus de quatre femmes, converties à l'Islam, dont l'une aurait déjà porté plainte contre lui pour des violences conjugales.
"La démarche de Brice Hortefeux exprime la nécessaire fermeté"
De son côté, le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a déclaré que la démarche du ministre de l'Intérieur "exprime la nécessaire fermeté dont notre société doit faire preuve à l'encontre de ceux qui méprisent nos règles, détournent nos procédures et profitent de manière inqualifiable de l'hospitalité française".
Semblant poser pour acquis que l'homme en question est un "islamiste radical, polygame, vivant avec quatre femmes et ayant 12 enfants", il ne fait aucun doute pour Lefebvre qu'il ne saurait "conserver la nationalité française".
Au-delà, M. Lefebvre estime qu'il faut chasser le présumé "islamiste" du territoire. "La déchéance de la nationalité est une étape essentielle avant l'expulsion de cet individu, extrémiste, qui bafoue les droits des femmes sur notre sol et arnaque notre système social" affirme ainsi le porte-parole de l'UMP.
Enfin, il salue le projet de loi qu'est en train d'élaborer Eric Besson, un texte qui "doit permettre d'adapter notre droit pour que la réponse de la France à ce type de comportement inacceptable soit renforcée et accélérée".
Un "état des lieux (de la polygamie) département par département"
Auteure de l'ouvrage "Pour en finir avec les violences faites aux femmes", la députée UMP Chantal Brunel considère que "comme pour le port de la burqa, la polygamie est contraire aux valeurs de notre pays. Celles-ci doivent être respectées".
Dans un communiqué, elle a invité le gouvernement à demander "aux Caisses d'allocations familiales de faire un état des lieux des familles polygames, département par département". L'ancienne porte-parole de l'UMP estime qu'une "analyse des prestations versées" permettrait "d'éviter d'éventuels abus".
64% des Français pour une interdiction totale ou partielle
A noter enfin : selon un sondage TNS Sofres réalisé pour Europe 1 les 22 et 23 avril, 33% des Français seraient favorables à une interdiction totale du voile intégral telle que Nicolas Sarkozy l'a appelée de ses voeux (lire "le projet d'interdiction totale fait réagir").
Pour 31% des Français, il serait suffisant de limiter l'interdiction à certains lieux publics. 22% des personnes interrogées souhaitent une politique de sensibilisation plutôt qu'une loi interdisant la burqa et 10% estiment qu'il n'est pas lieu de légiférer sur le sujet.



































