"Une tache de honte sur notre drapeau." C'est ainsi que Dominique de Villepin avait qualifié lundi dans les colonnes du journal Le Monde les annonces de Nicolas Sarkozy à Grenoble et la multiplication des expulsions de Roms. Ce mardi, l'ancien Premier ministre en a remis une couche sur les ondes de RTL, assurant que cette politique sécuritaire n'était "pas celle de la droite" et que "la plupart des ministres" étaient "malheureux et mal à l'aise".
Christian Estrosi n'est assurément pas de ceux-là. Le ministre de l'Industrie accuse, lui, M. de Villepin d'"instrumentaliser la drapeau français" pour mieux "nourrir une vieille petite haine recuite" contre le chef de l'Etat. Toujours est-il que le tout récent fondateur et président du parti République solidaire ne s'est pas contenté d'évoquer les membres du gouvernement, loin de là.
Attaque sévère
"Je me mets à la place des préfets et des ambassadeurs. Je peux vous dire que leur malaise est très profond. Ils ne croient pas à l'efficacité de cette politique, qui n'est pas l'intérêt de notre pays", a-t-il certifié. Avant de s'interroger à haute voix : "Est-ce que les gaullistes se retrouvent dans cette politique, est-ce que les démocrates chrétiens se retrouvent dans cette politique, est-ce que les catholiques sociaux se retrouvent dans cette politique ?"
Une attaque sévère que l'ancien Premier ministre a pu appuyer de par son statut d'ex-membre du gouvernement : "Je rencontre un certain nombre de ministres qui sont malheureux, dans l'ombre malheureusement, car ils ne peuvent pas le dire ouvertement. François Fillon, qui est un homme de qualité, ne peut pas être très à l'aise avec cette politique. De même que la garde des Sceaux (Michelle Alliot-Marie) que l'on n'a pas beaucoup entendue sur ce sujet."
"Indigne, inefficace et dangereuse"
Et ce n'est même pas tout. "Les électeurs de l'UMP, vous pensez vraiment qu'ils se retrouvent dans la politique qui est menée ? Vous pensez qu'Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, Jacques Chirac se retrouvent dans cette politique-là ?", a-t-il enfoncé. C'est que M. de Villepin se voit bien jouer le rôle d'alternative au moment de l'élection présidentielle de 2012. Il ne prend d'ailleurs pas la peine de s'en cacher : "Je ne pourrai certainement pas soutenir la poursuite d'une politique que j'ai qualifiée dans ce domaine précis (la sécurité) d'indigne, d'inefficace et de dangereuse."
Invité à réagir à ces propos sur France Info, Christian Estrosi a jugé utile de rappeler que l'ancien Premier ministre avait fait partie de gouvernements orchestrant "des vols groupés pour reconduire aux frontières des étrangers en situation irrégulière. Il était même Premier ministre lorsque le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a porté cette grande loi qui s'appelait 'Immigration choisie contre immigration subie'." Le ministre de l'Industrie a par ailleurs trouvé un allier inattendu en la personne de François Hollande. Car pour l'ancien Premier secrétaire du PS aussi, "il y a surtout chez Dominique de Villepin une part de rancune personnelle."
Lire aussi : La presse sermonne Sarkozy, Fillon se tait
Suivez-nous sur Facebook et Twitter

































