“Je viens de vivre dix ans d’horreur, je suis très heureux du résultat. Mais je dois me recontruire, avec mes enfants nous vous demandons de nous laisser en paix.” Au lendemain de son acquittement dans le procès pour le meurtre de sa femme Suzanne, disparue en février 2000, Jacques Viguier s’est présenté ce dimanche devant micros et caméras installés dans le bureau de son avocat, Me Lévy, à Toulouse. Il s’est exprimé durant trente secondes d’une voix rapide. Puis il s’est levé et il est reparti aussitôt. Sans plus de commentaires.

Son avocat a ensuite confirmé la volonté de son client de demander une réparation financière pour sa détention préventive de neuf mois, entre mai 2000 et février 2001. “Il y a eu un préjudice moral pour lui et sa famille”, justifie son conseil.


Serge Regourd, pilier du comité de soutien informel de Jacques Viguier, raconte comment le professeur toulousain a passé sa première soirée d’homme “libre” samedi soir. “Il y avait beaucoup d’amis, de collègues et de famille réunis chez son cousin, mais la joie et l’émotion se lisaient plus chez eux que chez Jacques, détaille-t-il. Il est abruti par les médicaments à cause de son syndrome bipolaire, il ne réalise pas.”

Jacques Viguier va-t-il dès cette semaine assurer à nouveau ses cours à l’université de droit de Toulouse comme il l’a fait au cours de ces dix ans, y compris la semaine avant le procès ? Personne ne pouvait ce dimanche répondre par l’affirmative.


De son côté, le parquet général a fait savoir dans la soirée qu’il ne formerait pas de pourvoi en cassation.