Le gouvernement veut plus de rigueur. Réunis pour esquisser des pistes de réflexions sur la filière de la viande, ministres et professionnels de l'agroalimentaire ont tenté jeudi d'apporter des réponses à l'inquiétude des consommateurs, notamment en termes d'étiquetage.

Un meilleur étiquetage

Deux améliorations principales ont ainsi été avancées. D'abord préciser l'origine de la viande sur l'étiquette mais aussi rédiger une charte renforçant les contrôles afin d'éviter une nouvelle fraude, a annoncé le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll. Deux groupes de travail ont également été mis en place pour progresser sur ces sujets.

Mais un bémol de taille vient assombrir le tableau : "Cette démarche ne peut être que volontaire", a précisé le ministre délégué à l'Agroalimentaire, Guillaume Garot. En effet, la France ne peut obliger les industriels à retravailler leurs étiquettes car cela est du ressort de l'Union européenne. Par ailleurs, rien n'oblige un professionnel à indiquer l'origine de la viande qu'il utilise dans un plat préparé. Concernant la législation européenne, Stéphane Le Foll a redit qu'un consensus se dégageait avec l'Allemagne et le Royaume-Uni pour faire évoluer la réglementation mais des résistances demeurent, des pays nordiques notamment.

Pas qu'une seule filière

Concernant les avancées de l'enquête judiciaire ouverte en France pour tromperie, le ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon, a laissé entendre jeudi que la fraude pourrait ne pas concerner que Spanghero et Comigel : "Nous aurons bientôt les premiers résultats de ces prélèvements et il pourrait apparaître -je mets bien du conditionnel- qu'il n'y ait pas qu'une seule filière concernée par cette substitution de viande de cheval en lieu et place de viande de bœuf", a expliqué le ministre.

Contactée par l'AFP, la DGCCRF a indiqué "que plusieurs autorités étrangères et entreprises (françaises) ont d'ores et déjà signalé la découverte de viande de cheval suite à la réalisation de tests" effectués depuis que le scandale a éclaté. "A ce stade, il n'est pas possible de déterminer dans quelle mesure les différents événements sont liés", a expliqué la DGCCRF en référence à la découverte de viande de cheval dans des produits à base de viande bœuf à l'étranger.