Près de 1 400 maisons seront détruites et indemnisées à hauteur de 250 000 euros en moyenne. Mais certains propriétaires, comme Marie-Olivia Rocca, présidente de l’association de défense des sinistrés d’Ayrtré, près de la Rochelle, ne s’y résignent pas.

Votre maison est en zone noire. Comment réagissez-vous ?
Même s’il y avait une lueur d’espoir, on s’y attendait. Tout le monde est très triste, surtout les personnes âgées qui ont tous leurs souvenirs dans leur maison. Pour certaines personnes, qui ont eu très peur pendant la tempête, c’est un soulagement, car elles espéraient figurer dans ces zones noires pour pouvoir reconstruire ailleurs. Mais pour ceux qui, comme moi, veulent rester coûte que coûte, c’est le début d’un combat. On a enfin quelque chose d’écrit.

Que comptez-vous faire ?
On se battra jusqu'au bout. On va voir les recours possibles, d'abord en étudiant dans le détail la cartographie des zones noires. Si on se rend compte que certains critères, notamment économiques, ont primé, ce sera du ressort du tribunal administratif. Aujourd'hui, je n’en suis pas du tout à me dire que je vais quitter ma maison. Tant que tous les combats n’auront pas été engagés et fermés, je ne le ferai pas. Après, c’est sûr que si on vient me chasser avec une pelleteuse…

L'angoisse, c'est de ne pas pouvoir rembourser le crédit de sa maison

Vous en voulez à l’Etat ?
Oui. On a le sentiment d’une décision hâtive et pas prise dans le bon sens. On doit partir alors que des choses pourraient être faites pour protéger le littoral.

Vous craignez de ne pas être remboursée à 100% ?
J’attends le moment où ils vont venir au cas par cas nous faire des propositions. Je ne me laisserai pas faire. Ma maison, qui venait d’être terminée, a été estimée à 700 000 euros avant le sinistre. On n’en partira pas tant qu’on ne sera pas indemnisés à cette hauteur.