Peut-on parler d'une montée de l'islamophobie aux Etats-Unis ?
Je ne parlerais pas encore d'islamophobie concernant les Etats-Unis. Certes, on assiste à une multiplication d'actes extrémistes – à l'image du pasteur qui menace de brûler le coran- mais cela reste malgré tout relativement marginal. A mon sens, il y a davantage une montée de la méfiance face à l'islam. Dans certains cercles médiatiques, des questions sont posées, consistant à savoir si l'Islam est soluble dans la démocratie, ou quel sont les liens entre islam et islamisme... Bref, toute une série d'interrogations qui traduit un sentiment qui peut être assimilé à du sceptissisme.
Pourquoi maintenant ?
Cela n'a pas toujours été le cas. Il faut se souvenir que la plupart des Américains ont entendu parler de l'islam au lendemain des attentats du 11-septembre ; ce qui n'est pas une façon idéale de connaître une religion, ni d'échapper aux amalgames. La campagne militaire en Afghanistan, la condamnation à mort de Sakineh, mais aussi des tentatives d'attentats perpétrés aux Etats-Unis par des musulman ont pesé lourd dans le jugement des Américains.
L'élection de Barak Obama a-t-elle eu un rôle dans cette vision ?
Disons qu'elle a malheureusement éveillé les consciences les plus extrémistes. Au-delà du fait qu'un quart des américains imaginent qu'il est musulman, les militants les plus nationalistes ne cessent de pointer du doigt un président noir, ayant grandi en Indonésie, et qui, à leur yeux, n'est pas aussi virulent avec les terroristes que ne l'était son prédécesseur.
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