"Le joueur qui aura obtenu le plus gros score remportera la maison." Stéphane Iglicki, père de famille vivant à Meslay-le-Vidame, un petit village proche de Chartres (Eure-et-Loir), a eu une idée pour le moins originale : mettre en jeu sa maison via un concours payant sur internet, afin de rembourser ses dettes. Et ce n'est pas une blague. Sans activité professionnelle depuis deux ans, il a déposé le règlement du jeu chez un huissier de Châteaudun, qui l'a rassuré quant à la légalité de sa démarche.
"Grâce aux droits d'inscription au jeu, qui s'élèvent à 30 euros, nous allons pouvoir couvrir le prix de la maison et faire face aux différents frais liés aux taxes, au crédit, aux frais de notaire, d'huissier... ce qui nous permettra d'être sauvés", a expliqué M. Iglicki à l'AFP. Avant d'en arriver là, il avait bien essayé de vendre son habitation, d'une surface habitable de 700 m2 agrémenté d'un terrain de 3000 m2, au prix du marché (environ 500 000 euros). En vain.
Pour participer ? Il suffit de s'inscrire sur le site gagnez-notre-maison.com, de payer via une plateforme sécurisée, puis de répondre à plusieurs séries de question durant deux minutes. Celui qui totalisera le plus de bonnes réponses remportera la mise. Toutefois, le règlement précise bien qu'en cas de nombre insuffisant de participants, "Stéphane Iglicki se réserve la possibilité d'allonger la durée du jeu de six mois renouvelable, voire de l'annuler purement et simplement en remboursant les personnes ayant déjà participé".
M. Iglicki : "Notre famille a besoin de 20 000 participations pour rentrer dans ses frais." Ce père de trois enfants, dont l'épouse travaille dans une grande chaîne de distribution, assure avoir bien étudié le concept afin d'agir dans le respect de la législation. "Ce n'est absolument pas une tombola. Il s'agit d'un jeu-concours où le hasard n'a pas sa place. Le gagnant sera celui qui a le mieux répondu aux questions", insiste-t-il. C'est que, par le passé, plusieurs tentatives de ce genre s'étaient heurtées à l'intransigeance de la justice.
Alors que ce type de ventes prospère à l'étranger, l'organisation de loteries en France reste un privilège de l'Etat, en dehors des oeuvres de bienfaisance aux gains limités. "Il y a encore deux ou trois ans, je gagnais entre 5000 et 10 000 euros par mois en tant qu'indépendant dans le conseil de gestion de patrimoine en Bourse", raconte Stéphane Iglicki qui, crise oblige, a dû se résoudre à enchaîner les expériences entrepreneuriales, y laissant des plumes à chaque fois, tandis que ses emprunts courent toujours. D'où ce pari osé, qu'il justifie ainsi : "Je crois en ce jeu. Et quoi qu'il en advienne, je préfère tomber en m'étant battu jusqu'au bout plutôt que de crever tout de suite et tout donner à la banque".
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