L’abstention relativise-t-elle la portée de ce premier tour ?
Evidemment. La participation a baissé d’environ 15 points depuis 2004. C’est considérable. A ce niveau, l’abstention touche tout le monde. Mais c’est la majorité parlementaire qui en a subi le plus durement les effets : le vote protestataire est plus important en forte abstention.

C’est un vote sanction pour la majorité ?
Clairement. Au soir du second tour en 2004, François Fillon avait parler de ‘21 avril à l’envers’. Là, c’est la même chose, plus l’échec du PS aux européennes à l’envers. C’est une situation très difficile pour l’UMP, qui n’arrive pas en tête malgré sa stratégie du parti unique attrape-tout. Il peut y avoir un sursaut de mobilisation de ses lecteurs, mais on a rarement vu des deuxièmes tours tourner à l’inverse de la tendance qui se dessine au premier.

Pour le PS, les négociations vont être serrées ?
C’est une victoire qu’il faut gérer. En faisant alliance avec Europe-Ecologie et le Front de gauche vraisemblablement, le PS va devoir faire des sacrifices en termes de places.

Comment expliquer le regain du FN ?
L’abstention lui profite, car il a un noyau électoral relativement stable. Et une partie de son électorat, dont on a dit qu’il avait été vidangé par Nicolas Sarkozy, a revoté FN pour participer au désaveu de l’UMP.