Qu'on se le dise, ce vendredi, c'est journée Georges Frêche. Alors que s'amorce le deuxième tour des élections régionales, le dimanche 21 mars, le président sortant de la Région Languedoc-Roussillon continue de faire parler de lui. C'est d'abord Martine Aubry, interrogée sur Canal Plus, qui a relancé les hostilités, expliquant que "dans la mesure où une victoire de Georges Frêche ne saurait être celle de la gauche", il n'y aurait "pas de grand chelem".

Plus original : l'appel de Jean-Luc Bonnet, 14e sur la liste PS d'Hélène Mandroux (créée dans l'unique but de faire barrage à M. Frêche et sèchement battue au premier tour), à voter pour Raymond Couderc, la tête de liste UMP dans la Région, dans un communiqué. Son titre : "Une obligation, faire obstacle à l'imposture frêchiste". L'essentiel de son propos : "ne pas voter pour un homme qui n'a jamais été de gauche, mais qui a simplement pris à un moment donné un positionnement opportuniste, électoraliste, au demeurant réversible, comme cela ressort de ses multiples déclarations injurieuses et racistes".

"Mieux vaut un honnête homme de droite"
Pour cet homme, président de la Licra de Montpellier et pas même encarté au PS, "s'abstenir" reviendrait à "voter pour Georges Frêche". Avant de préciser encore le fond de sa pensée : "Mieux vaut un honnête homme de droite qu'un aventurier populiste qui n'a rien de gauche. (…) D'autant plus que rien dans le programme de M. Raymond Couderc ne peut heurter la conscience d'un homme de gauche dans la mesure où il ne s'agit que de mesures de gestion". Il est donc d'accord avec Martine Aubry pour dire que "Frêche n'est plus un homme de gauche", mais pas avec sa consigne de "battre la droite et l'extrême droite" avant tout.

Invité à s'expliquer par Montpellier Journal, Jean-Luc Bonnet décrit bien M. Couderc "comme un adversaire politique" mais rappelle qu'il ne l'a jamais entendu "déraper" de façon aussi systématique que M. Frêche. Avant de préciser : "Déraper entre guillemets parce qu'il ne s'agit pas de dérapage mais de calculs et de propos délibérés. En tenant ces propos depuis au moins deux ans, sachant qu'il n'aurait pas de réserve de voix suffisante à gauche compte tenu de l'opposition des Verts, Georges Frêche n'avait qu'un seul objectif : chercher des voix à droite."