François Fillon relève le gant. L’ex-Premier ministre a levé samedi soir le secret de polichinelle sur ses ambitions. "Je suis candidat à la présidence de l’UMP !", a-t-il écrit sans détour sur Twitter. Dans Le Journal du dimanche, il a ensuite placé sa démarche sous le signe du "rassemblement".
Sa déclaration de guerre avec Jean-François Copé était pourtant annoncée pour la fin de l’été. "Il aurait pu attendre un peu pour lancer les hostilités", juge le secrétaire général adjoint de l’UMP, Marc-Philippe Daubresse, joint par Metro. Le centriste raille un « non-événement », comme tous les pro-Copé. L’actuel patron de l’UMP, qui se pose lui aussi en rassembleur, et qui ne devrait se lancer qu’à la rentrée, s’est d’ailleurs contenté de prendre acte d’une candidature qui n’est "pas une surprise".
Juppé en troisième homme
En étant le premier à sortir du bois, moins de deux mois après la défaite de Nicolas Sarkozy, François Fillon cherche à imposer sa candidature comme une évidence. "Il en a beaucoup parlé ces derniers jours avec ses proches, confie l’un d’eux, le député Jérôme Chartier. Certains amis de Jean-François Copé laissaient croire qu’il n’était pas déterminé. Il a voulu mettre fin à ces rumeurs." Sa déclaration "était rendue nécessaire par l’agenda politique national", a fait valoir de son côté Valérie Pécresse, ralliée depuis la semaine dernière au nouveau député de Paris.
"Il fallait qu’il se pose en premier défenseur (du bilan), premier opposant (au pouvoir), et en premier rassembleur de la droite." L’ex-ministre Roger Karoutchi, proche de Jean-François Copé, a, lui, une autre explication : "Je pense qu’il craignait qu’Alain Juppé ne se lance avant lui." Le maire de Bordeaux alimente les rumeurs en se posant en pacificateur. Dimanche, il n’a pas tardé à réagir à la candidature de François Fillon en proposant à nouveau sur son blog que "le futur président de l’UMP s’engage à ne pas être candidat aux primaires" pour la présidentielle de 2017.
Pas de doute. La bataille pour le leadership de la droite, qui sera tranchée par les militants lors d’un congrès en novembre, est désormais bien lancée. "Il ne faut surtout pas que ce soit un combat des chefs. J’attends un combat d’idées", nous assure Thierry Mariani, à la droite de l’UMP. La prise de tête s’annonce électrique.









































