Un peu de répit dans la tempête. Après avoir plongé jeudi et vendredi, les Bourses mondiales se sont légèrement redressées lundi. “Mais la situation reste très fragile car les craintes sur l’avenir sont nombreuses", tempère Juan Carlos Rodado, économiste chez Natixis : "les marchés, inquiets quant à la capacité de certains Etats européens à financer leurs énormes déficits, envoient des signaux pour les obliger à se serrer la ceinture.”
Depuis quelques jours, la zone euro affronte la plus grave crise de son existence. Tout est parti de la Grèce, placée mercredi sous quasi-tutelle de la Commission européenne tant ses déficits et sa dette publics sont colossaux. Le pays avait vu ses taux d’intérêt s’envoler, les investisseurs rechignant à lui prêter. L’angoisse de voir l’Espagne et le Portugal, également très endettés, connaître les mêmes difficultés a gagné les marchés financiers, provoquant la chute boursière.
Dans ces conditions, la zone euro est-elle menacée ? Si, pour de nombreux observateurs, la panique boursière est d’abord entretenue par les spéculateurs, certains, comme Christian Saint-Etienne, auteur de "La Fin de l’euro", sont pessimistes : “Cette crise met à nu les craquements antérieurs de la zone euro, où les performances des pays sont de plus en plus divergentes. Si on ne met pas en place un mécanisme de gouvernement économique, elle peut aller au-devant de graves problèmes.” Les dirigeants des 27 tenteront d’y remédier jeudi en travaillant, lors d’un sommet à Bruxelles, à une nouvelle stratégie économique.

































