“Je ne me souviens plus exactement du salaire, je sais en revanche que j’avais les mains esquintées.” Passée par deux centres pénitentiaires, l’un dans l’ouest de la France, l’autre en région parisienne, Catherine*, la quarantaine à peine entamée, garde un “souvenir plutôt bon” du travail en prison.

“Je ne sais pas comment cela se déroulait chez les hommes, mais du côté des femmes, nous étions occupées. J’ai assemblé des calendriers, j’ai mis des prospectus dans des enveloppes, puis des PLV (présentoirs pour lieux de vente, ndlr)."

"Le plus drôle, c’était des échantillons de parfum ou de crème hydratante insérés dans des magazines féminins. Aujourd’hui, je les regarde différemment”, expli­que-t-elle.

Elle précise que l’activité permettait “de nouer des liens entre détenues, de sortir de la monotonie de sa détention et de voir un peu en dehors de sa cellule”.

“La plupart du temps, ce sont des sous-traitants qui proposent ce travails, pour le compte de marques souvent prestigieuses”, indiquait hier Marie Crétenot, de l’Observatoire international des prisons (OIP). “Bien souvent, les détenus sont rémunérés à la pièce produite, outrepassant de fait les règles du droit du travail.”

* le prénom à été modifié

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