Pour les traders, la crise est déjà loin. Les banques leur dévoilent ces jours-ci le montant des primes qu’ils toucheront au titre de 2009. De quoi arrondir largement leurs fins de mois : les 8 000 opérateurs de marché employés par les banques françaises se partageront 1,8 milliard d'euros de bonus. Ceux de la BNP, qui a doublé son bénéfice en 2009, se répartiront un milliard à eux seuls, soit 250 000 euros en moyenne.
 

Après les scandales à répétition de l’an dernier et alors que les banques ont été soutenues par l’Etat durant la crise, ces sommes spectaculaires ont de quoi surprendre, voire choquer. Mais les banquiers assurent avoir entendu les appels à la modération : ils insistent sur le fait qu’une partie de ces bonus, conformément aux règles du G20, sera étalée dans le temps et conditionnée aux performances.

“Rien ne sera plus comme avant”, a assuré hier dans Le Monde le président de BNP Paribas, Michel Pébereau, dont les traders ne toucheront que la moitié de leur bonus en cash dès cette année. “C'est sans commune mesure avec les montants pratiqués avant la crise et encore aujourd'hui par certaines banques américaines”, a-t-il fait valoir.


“Ces salaires mirobolants sont scandaleux, juge pour sa part Henri Sterdyniak, de l'Observatoire français des conjonctures économiques. La crise a montré que l’activité des traders était nuisible, mais on continue à récompenser les gens qui spéculent et pas ceux qui produisent.” Pour l’économiste, “les Etats, au G20, ne sont pas allés assez loin pour lutter contre la spéculation et les excès vont revenir : les banques vont se battre pour attirer les meilleurs traders.”

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