"Je suis la preuve vivante qu'on peut guérir du sida", affirme Timothy Brown. Le "patient de Berlin", comme il est surnommé, s'est rendu à la 19 eme conférence internationale sur le sida pour témoigner devant 25 000 personnes de son histoire atypique. Aux côtés de son "sauveur", l'hématologue Gero Hütter, cet américain de 47 ans est venu expliquer comment, par deux fois, il a cru être condamné : en 1995, lorsqu'il apprend qu'il a contracté le virus du sida et en 2006, quand les médecins lui diagnostiquent une leucémie. C'est pourtant cela qui va lui sauver la vie.
Pour soigner sa leucémie, il subit une greffe de moelle osseuse. Elle disparaît, mais pas que. Ne montrant plus aucun signe d'infection par le VIH, les médecins qui le suivaient le déclare également guéri, il n'a plus besoin de prendre ses antirétroviraux. La raison ? La moelle greffée proviendrait d'un donneur qui avait des cellules immunitaires mutantes résistantes au VIH. "Je n'ai plus de sensation dans les pieds mais je marche plus aisément et je me sens mieux, sans presque jamais avoir de douleurs, seulement parfois des maux de tête", explique-t-il notamment à l'AFP.
"La science médicale ou une intervention divine"
Une immunité naturelle plus que rare, puisque selon l'AFP, 0,3% de la population en serait doté. Les personnes concernées serait en effet en proie à la mutation d'un gène. Un hypothétique futur remède que Timoty Brown compte exploiter à fond, même si - sans compter le caractère mortel dans les cas de rejet de la greffe - le peu de sujets naturellement immunisés contre le sida ne suffirait évidemment pas à soigner les 34 millions de contaminés. "Je veux aider par le biais de ma fondation à trouver des donateurs pour obtenir des fonds permettant d'aider la recherche", poursuit-il, soulignant que la biotechnologie est la voie la plus prometteuse.
Face aux septiques sur le caractère "miraculeux" de sa guérison, l'ancien malade y voit deux raisons : "Cela dépend de vos convictions religieuses: si vous pensez que c'est seulement le fait de la science médicale ou d'une intervention divine", répond-il avant d'ajouter: "Je dirais que c'est un peu les deux". Son cas continue pourtant de diviser les scientifiques : Selon l'AFP, un chercheur français affirme que des traces de VIH auraient encore été détectées dans son sang.









































