Des dizaines de milliers de "chemises rouges" ont de nouveau manifesté ce lundi, devant le quartier général de crise du Premier ministre thaïlandais.

La veille, deux soldats du 1er régiment de l'armée ont été blessés après l’explosion de quatre grenades dans les rues de Bangkok, où près de 100 000 personnes manifestaient.

Les manifestants réclament des élections anticipées (prévues en 2011) et marquent leur soutien à Thaksin, l'ancien Premier ministre thaïlandais, renversé par un coup d'état en 2006. Un ultimatum au 15 mars midi a été lancé au Premier ministre Abhisit Vejjajiva, pour dissoudre l'Assemblée, faute de quoi ils menacent de marcher sur les bâtiments.

Le Premier ministre, qui a quitté son QG en hélicoptère peu avant l'arrivée des manifestants, a réitéré sa volonté de rester au pouvoir. Les autorités craignent des débordements après les manifestations d'avril 2009 qui avaient fait deux morts, et mobilisé plus 50 000 soldats et policiers dans la capitale. Pour l’heure, le rassemblement se déroule dans le calme.

Thaksin divise les Thaïlandais
Ces manifestations interviennent deux semaines après la saisie de plus de la moitié de la fortune de Thaksin Shinawatra, jugé coupable d'abus de pouvoir et de conflit d'intérêts lorsqu'il dirigeait le pays entre 2001 et 2006.  Le premier ministre thaïlandais, Abhisit Vejjajiva, était alors arrivé au pouvoir fin 2008 par le jeu de renversements d'alliances parlementaires. Il possède le soutien de l'armée.

Thaksin, quant à lui, continue de dominer la vie politique depuis l'étranger. Dimanche soir, il a invité ses partisans à "ne pas abandonner" le combat, dans une vidéo-conférence. Les "chemises rouges" le considèrent comme le seul homme politique à s'être préoccupé de leur sort.

Face à eux, les "chemises jaunes" royalistes et les élites de la capitale lui reprochent son populisme, ainsi que la menace qu'il représente pour la monarchie.