Le tapis de bombes qui recouvre la ville d'Alep depuis mercredi aurait fait plier les insurgés d'Alep. Ces derniers se sont totalement retirés ce jeudi du principal quartier qu'ils contrôlaient dans la deuxième ville de Syrie. Une progression qui intervient alors que le régime a nommé un nouveau Premier ministre, après la défection de l'ex-chef du gouvernement.
Les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) qui combattent à Alep, poumon économique du pays où les combats font rage depuis le 20 juillet, évoquent "un retrait tactique" de Salaheddine. "Il n'y a plus de combattants rebelles en raison d'un bombardement inouï et les forces du régime avancent dans le quartier", a indiqué Houssam Abou Mohammad, commandant de la brigade Dera Ashahba, une composante de l'ASL qui combat dans ce secteur.
20.000 militaires déployés
Pour autant, la rébellion est bien décidé à poursuivre la lutte. Les brigades de l'ASL vont "constituer un nouveau front vers Seif al-Dawla et Machhad", deux quartiers plus à l'est, a ajouté Wassel Ayoub, commandant de la brigade Nour al-Haq de l'ASL".
De son coté, une source de sécurité à Damas a affirmé que "l'armée avançait rapidement en direction de Seif al-Dawla mais la prochaine bataille devrait avoir lieu à Soukkari", un fief des rebelles, plus au sud. Un fief qui pourrait bien pâtir de la force de frappe du régime. "Seulement 10% des renforts de l'armée ont été utilisés jusqu'à présent dans la bataille", a ajouté cette source, qui avait auparavant indiqué que 20.000 militaires avaient été déployés dans la région.
La situation humanitaire s'aggrave
Alors que le flux de réfugiés fuyant les violences croît chaque jour davantage, la France a envoyé par avion une équipe médicale militaire. Son but : venir en aide à ceux qui se trouvent à la frontière jordanienne, une mesure décidée lundi par le président François Hollande. Une zone où la situation humanitaire s'aggrave de jour en jour, puisque le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) estime que plus de 276.000 Syriens ont fui les violences. Principale pays d'accueil, la Jordanie, la Turquie et le Liban.
Quelque 2.200 réfugiés ont franchi la frontière turque ces dernières 24 heures, leur nombre total en Turquie dépassant désormais 50.000, ont indiqué jeudi les autorités turques.
Une "rencontre consultative" à Téhéran
Revigoré par l'avancée de ses troupes, Damas affiche ouvertement son unité. Le régime du président Assad, ébranlé par la défection lundi de l'ancien chef du gouvernement Riad Hijab, a nommé ce jeudi le ministre de la Santé Waël al-Halqi au poste de Premier ministre, a annoncé la télévision syrienne. Plus haut responsable à rompre avec le régime du président Assad, Hijab a rejoint l'opposition selon un porte-parole, et il est arrivé mercredi matin en Jordanie avec sa famille.
A l'étranger, l'Iran organisait jeudi à Téhéran une "rencontre consultative" sur la Syrie. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a indiqué que douze à treize pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine devaient y participer.









































