Malgré les tentatives d'apaisement et les injonctions diplomatiques, le régime de Damas continue de piloner certaines enclaves qu'il qualifie de rebelles. Jeudi, c'est la ville de Treimsa qui a fait l'objet d'une attaque massive de la part des troupes de Bachar el Assad et selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les bombardements et les combats à Treimsa ont fait plus de 150 morts, dont des dizaines de rebelles. Certains ont aussi été "exécutés sommairement" ou tué en tentant de fuir, et une trentaine de cadavres ont été brûlés. Kofi Annan, de son côté, accuse le régime de Damas d'avoir utilisé l'artillerie lourde à Treimsa en s'appuyant sur les constatations des émissaires de l'ONU déployés dans la région.


Damas nie en bloc

Pour Jihad Makdessi, le ministère des affaires étrangères syrien, Kofi Annan s'est "précipité" et ne s'est pas "basé sur les faits". Il a assuré qu'il n'y avait "pas eu de massacre" à Treimsa et que seuls cinq bâtiments avaient été attaqués. "Ce n'était pas une attaque de l'armée contre des civils, mais des combats entre l'armée régulière et des groupes armés", a-t-il insisté, faisant état d'un total de 39 morts, dont deux civils. Selon M. Makdessi, "des groupes terroristes ont envahi le village, y ont installé des sièges de commandement et y ont terrorisé et torturé les habitants". De plus, une grande quantité d'armes ont été saisies. "Seuls cinq bâtiments utilisés comme centre d'opérations par les hommes armés ont été attaqués par les forces de l'ordre", a ajouté M. Makdessi, précisant qu'"une grande quantité d'armes, dont des obus de mortier, des roquettes, des charges explosives, des mitrailleuse et également des centres de torture" avaient été saisies. Citant une personne anonyme qui a "enterré" les corps, Makdessi a, par ailleurs, fait état d'un bilan de 37 hommes armés et deux civils tués dans l'opération, refusant de révéler le nom de sa source par peur qu'elle ne soit tuée par l'opposition.


Le point sur la diplomatie 

Dans l'espoir de redonner un élan diplomatique à son plan de paix, qui n'a eu aucun effet sur le terrain, Kofi Annan se rendra demain à Moscou, où il doit rencontrer mardi le président russe Vladimir Poutine, rapporte le Kremlin. Le pays s'oppose à toute forme d'intervention extérieure en Syrie et a bloqué jusqu'à présent tout projet de résolution condamnant la répression. Une visite de Ban Ki-moon est prévue aussi la semaine prochaine en Chine. Le pays, autre soutien de Damas, s'est vu demander "d'user de son influence" pour faire appliquer le plan Annan. L'Iran, principal allié de Damas dans la région, s'est dit prêt à organiser à Téhéran une rencontre entre le gouvernement syrien et l'opposition pour tenter de dénouer le crise. A New York, le blocage reste total entre les pays occidentaux et la Russie, principal soutien du régime, les deux parties s'opposant sur deux projets de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU, l'un menaçant Damas de sanction et l'autre non.