L'état d'urgence a été prolongé d'une semaine à Christchurch, frappée mercredi matin par une puissante réplique du séisme de samedi. Il était 7h49, heure locale, lorsque le sol a de nouveau tremblé. "Nous sommes sortis en courant dans la rue, de peur que la maison ne s'effondre, la route bougeait, je n'avais jamais vu ça de ma vie", raconte Rachel à Metro. Cette anglaise de 29 ans s'est installée il y a deux ans, dans un petit pavillon près du centre-ville. "Les vieux bâtiments ont cédé, certains murs déjà fragilisés se sont affaissés, c'est un peu le chaos ici." Depuis samedi, quelque 135 répliques ont été enregistrées dans la zone. Et de nouvelles, plus ou moins violentes, sont à craindre durant plusieurs mois, estiment les experts.

L'épicentre à seulement un kilomètre de profondeur
La violence de cette nouvelle réplique de magnitude 5, pourtant moins puissante que les précédentes, s'explique par son épicentre situé à un kilomètre de profondeur seulement et bien plus proche du centre-ville que le séisme du 4 septembre, selon les sismologues. Cette réplique "est un coup particulièrement dur et cruel porté à la ville", a déclaré le maire de Christchurch, Bob Parker. "C'était un moment terrifiant. Nous avons dû évacuer notre quartier général de la Défense civile", ainsi qu'un centre d'aide sociale hébergeant les sinistrés du premier tremblement de terre.

Samedi, un séisme de magnitude 7,1 avait frappé Christchurch, faisant deux blessés graves et endommageant 100 000 habitations. Un bilan pourtant "miraculeux" selon le Premier ministre néozélandais, John Key, dans la première grande ville de l'île du sud qui compte quelque 340 000 habitants. "On a vraiment l'impression d'être des survivants quand on voit l'étendu du désastre et les tas de débris qui jonchent le sol", explique Rachel. Lundi, l'armée appelée en renfort, a été déployée dans le centre-ville, toujours interdit d'accès. Les autorités redoutent l'effondrement d'immeubles et les pillages. Un couvre-feu a été instauré. L'approvisionnement électrique, déjà éprouvé, a été coupé dans certaines zones.

2,27 milliards d'euros de dégâts
Les dégâts ont été réévalués à quelque 2,27 milliards d'euros. "Certaines zones sont bien plus sinistrées que ce que nous pensions", a indiqué le Premier ministre qui s'est rendu sur place. Le gouvernement a dégagé une première enveloppe de 94 millions de dollars (52 millions d'euros). Le séisme du 4 septembre est l'un des plus violents de l'histoire de la Nouvelle-Zélande. Selon l'institut américain USGS, le tremblement de terre, dont l'épicentre était situé à une profondeur de 16,1 km, a atteint une zone de 30 km au nord-ouest de la ville.

Mais les économistes de la banque australienne Wetpack estiment que "l'économie de cette région devrait être dopée par l'activité de reconstruction, qui fera plus que compenser les pertes occasionnées". Une information qui fait doucement sourire Rachel : "sans tomber dans la psychose, on vit quand même dans l'inquiétude de nouvelles secousses. 'Booster' d'économie ou pas, on veut juste reprendre un semblant de vie normale, c'est tout."