La campagne des régionales est polluée par des polémiques, les sites ferment, le chômage a encore augmenté. Ce jeudi à Marignane, Nicolas Sarkozy s'est voulu déterminé et ambitieux dans son discours de clôture des états généraux de l'industrie, en déclarant vouloir augmenter la production industrielle de la France de 25% à l'horizon de 2015. Il a annoncé que le gouvernement proposerait un nouveau produit d'épargne destiné à financer l'industrie, cette fois "d'ici septembre".

Dans un document rendu public en marge de son discours, le chef de l'Etat a révélé son intention de "pérenniser l'emploi industriel sur le long terme". Il faut dire que la population active dans le secteur a diminué de 15% depuis 2000, avec une chute spectaculaire en septembre dernier (de 3,9 à 3,4 millions, indique le même document). D'où l'objectif affirmé de "revenir à une balance commerciale industrielle excédentaire", toujours d'ici à 2015. Une balance qui était dans le rouge en 2007.

Concernant le nouveau produit fiscal annoncé, le président de la République a indiqué que la ministre de l'Economie Christine Lagarde "ouvrira ce chantier d'ici l'été pour proposer un nouveau cadre fiscal qui encouragera vraiment l'épargne à s'orienter vers le financement en fonds propres des entreprises". Avant de citer la proposition de la CGT d'un "livret d'épargne d'industrie". Il a en effet regretté qu'un quart seulement de l'épargne s'orientait vers "le marché des actions".

"Je souhaite qu'on puisse attirer des capitaux pour nos entreprises et pour l'industrie", a-t-il ensuite souligné. Certaines mesures doivent, elles, être appliquées immédiatement. Comme les 500 millions d'euros de prêts verts qui seront dédiés au soutien des investissements des entreprises dans le développement durable. Il a également continué sa politique de la main tendue aux partenaires sociaux, reconnaissant que la question du financement de la protection sociale était fondamentale. Sans toutefois préciser dans quel délai les choses se feront. "La réflexion va devoir se poursuivre et s'approfondir", a-t-il déclaré.