Viktor Ianoukovitch tient sa revanche. Celui qui avait été écarté du pouvoir en novembre 2004 par des centaines de milliers de manifestants, lors de la Révolution orange, a remporté dimanche l’élection présidentielle en Ukraine. Avec 48,7 % des suffrages, il devance de plus de deux points Ioulia Timochenko, le Premier ministre sortant.


Celle-ci, d’habitude plus flamboyante, est restée silencieuse, annulant deux conférences de presse, après avoir initialement dénoncé dimanche soir des “fraudes massives”. Il faut dire qu’en estimant que le scrutin avait été “transparent et honnête”, la mission d’observateurs conduite par l’OSCE l’a privée d’un précieux argument si elle se décidait à poursuivre la bataille devant les tribunaux. Viktor Ianoukovitch ne s’y est pas trompé et a proclamé sa victoire avant la fin du décompte des bulletins. Il a promis d’être le président de tous les Ukrainiens. “Merci à Dieu de nous avoir aidés à ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire de notre pays”, a-t-il lancé.


Timochenko n’est pas la seule perdante des élections. La Révolution orange, dont le Premier ministre était une tête de proue, se voit infliger un cruel camouflet. Perçu à ses débuts comme un premier pas vers une démocratie à l’occidentale, le mouvement a surtout ouvert la voie à une instabilité politique et économique. Viktor Iouchtchenko, le président porté au pouvoir dans la foulée, a d’ailleurs été éliminé dès le premier tour. La victoire de Viktor Ianoukovitch fait au moins un heureux : Moscou. L’ancien allié, répudié par la Révolution orange, était ulcéré par le projet de faire entrer l’Ukraine dans l’Otan. Le nouveau président, allié de la Russie, a annoncé qu’il mettrait fin à ce rapprochement.