Le grand chelem régional est à portée de main de la gauche. Reste à s’entendre pour transformer l’essai du premier tour. Les tractations entre le PS, Europe écologie et le Front de gauche, pour parvenir à une fusion des listes dimanche prochain, sont allées tous azimuts lundi, dans chaque Région et au niveau national. Des représentants des partis, réunis dans un hôtel parisien, étaient chargés d’un “rôle de régulation”.

Les négociations se sont achevées dans la confusion hier soir. Le PS a annoncé, peu avant 20 heures, qu’un accord national avait été conclu avec Europe écologie. Une affirmation jugée prématurée par les Verts. Il leur reste en tout cas jusqu’à 18 heures aujourd’hui pour régler les derniers points de friction locaux et programmatiques.

Sur le papier, la gauche, forte de plus de 53 % des voix, peut négocier dans la sérénité. Mais le PS, redevenu “le premier parti de France” avant-hier, est en position de force. Ses partenaires, redoutant “des réflexes hégémoniques”, entendent ne pas se faire dicter sa loi. Europe écologie, qui se veut “incontournable” après avoir confirmé son ancrage dans le paysage politique avec 12,5 % des suffrages, est ainsi bien décidé à obtenir “un accord exigeant sur le fond”. “Pour construire une perspective d’avenir ensemble, il faut que tout le monde s’y retrouve”, explique le leader d’Europe écologie, Daniel Cohn-Bendit.

Tandis que la gauche se recompose, l’UMP, qui a épuisé ses réserves de voix au premier tour, ne peut compter que sur un sursaut de mobilisation. Le parti a tendu la main hier aux centristes qui ont déserté le MoDem, aux électeurs de droite qui ont voté FN et… aux écologistes “qui ne veulent pas d’alliance avec le PS”. François Fillon veut y croire : “Une nouvelle page va s’ouvrir avec le second tour.” Mais la droite devra compter avec le regain de forme du FN, qui se maintiendra dimanche dans douze triangulaires.