La campagne des régionales en Ile-de-France s'est considérablement durci ces dernières 24 heures avec les attaques lancées par des candidats UMP du Val-d'Oise, à l'encontre d'Ali Soumaré, la tête de liste socialiste dans ce département.
Comme à la fin janvier, lorsqu'il avait fait allusion au candidat PS d'origine malienne en évoquant un "joueur de l'équipe réserve du PSG", c'est le maire UMP de Franconville, Francis Delattre, qui a lancé l'offensive (lire "des propos qui gênent l'UMP").
Nouvelle charge contre Ali Soumaré
Cette fois, point de blague à connotation raciste, mais une attaque directe sur le terrain judiciaire.
Dans un communiqué publié le 19 février, Delattre a déclaré que "contrairement à l'objectif de promouvoir un jeune de nos quartiers, la candidature (de M. Soumaré) ne peut être exemplaire"
Faisant état de condamnations passées et de procédures en cours contre le candidat PS du Val-d'Oise, le maire de Franconville l'a qualifié de "délinquant multirécidiviste chevronné".
Dans la foulée de ses allégations, Delattre a demandé à Martine Aubry, "si intransigeante sur les principes" et à Jean-Paul Huchon "si cynique dans sa stratégie électoraliste", de retirer la candidature d'Ali Soumaré.
Mise en cause de Jean-Paul Huchon
Axel Poniatowski, la tête de liste UMP dans le Val-d'Oise a surenchéri.
"Cette démarche outrageante n'est pas sans rappeler la situation peu glorieuse du candidat Jean-Paul Huchon, condamné à six mois de prison avec sursis et à 60.000 euros d'amende pour prise illégale d'intérêt au bénéfice de sa femme" a-t-il écrit dans un communiqué, estimant que "cette condamnation n'est en rien anecdotique, car elle concerne les fonctions mêmes de président de région qui se doit d'être insoupçonnable et désintéressé" (lire "Huchon en sursis").
Oubliant de mentionner que dans son propre camp, la tête de liste UMP-Nouveau Centre des Hauts-de-Seine, André Santini fait actuellement l'objet d'une procédure pour "prise illégale d'intérêt", "faux et usage de faux" et "pour détournement de fonds public ", Ponatiowski s'en est pris à "la discrétion de M. Huchon sur cette affaire", avant de pointer du doigt "d'autres repris de justice sur les listes PS (...) Michèle Sabban et Jean-Paul Planchou, tous deux condamnés pour emplois fictifs".
Manifestement embarrassée, Valérie Pécresse, la tête de liste régionale pour l'UMP en Ile-de-France a indiqué n'avoir "aucun commentaire à faire sur cette affaire".
La gauche tarde à réagir...
Dans un premier temps, côté PS, seule l'adjointe au maire de Paris Anne Hidalgo a réagi par Twitter interposé, écrivant tout d'abord "les bras m'en tombent... Je condamne l'acharnement obsessionnel du maire de Franconville contre Ali Soumaré" puis qu'"il est grand temps que l'UMP tire les conséquences de cette diabolisation et sanctionne le maire de Franconville."
Ce samedi, Elisabeth Boyer, la porte-parole de la campagne de Jean-Paul Huchon a déclaré qu'"au-delà des faits reprochés, on doit, d'ores et déjà, s'interroger sur l'origine de la transmission d'informations ou de documents apparemment de source judiciaire ou policière".
La socialiste relève que "cette nouvelle mise en cause d'Ali Soumaré, qui fut porte-parole des familles de Villiers-le-Bel" survient "quelques jours après l'engagement de poursuites judiciaires à l'encontre de fonctionnaires de police dans le cadre des incidents de Villiers-le-Bel" (lire "les familles des deux tués accusent" et "font appel").
... puis contre-attaque en justice
En marge du débat sur l'exclusion auquel il participait aujourd'hui, Jean-Paul Huchon, le président sortant du conseil régional d'Ile-de-France s'est lui aussi interrogé "sur la manière dont les pièces judiciaires et policières de ce soi-disant dossier sont parvenues" aux élus UMP, précisant qu'en théorie, "elles ne sont pas légalement accessibles".
Comme Ali Soumaré, qui a chargé ses avocats de "conduire une procédure en diffamation", Jean-Paul Huchon a indiqué que des "assignations" seraient "remises aux diffamateurs lundi".
Enfin, à gauche toujours, la vice-présidente du PRG et candidate sur la liste Huchon du Val-d'Oise, Elisabeth Boyer a dénoncé le "vrai visage" de l'UMP, "celui d'une vieille droite réactionnaire qui ne recule devant rien pour attaquer ses concurrents au moment où elle est en difficulté" et qui "recycle les vieilles méthodes du siècle passé quand la police et la justice étaient mises au service du pouvoir pour criminaliser le mouvement ouvrier".

































