Branle-bas de combat sur les OGM. La publication d'une étude française démontrant la toxicité du maïs génétiquement modifié relance le débat sur la politique de santé. Les pouvoirs publics appellent à réévaluer les études sanitaires.
Le professeur Gilles-Eric Séralini a réalisé, en cachette des industriels et sans le soutien des organismes publics, des travaux sur le maïs NK 603 de Monsanto. Ses travaux ont duré deux ans, contre trois mois pour les études traditionnels. Résultat : les rats ayant ingéré des OGM ont entre deux et cinq fois plus de tumeurs que les autres.
"Saisine immédiate" des autorités de santé
Les ministres français de l'Environnement, Delphine Batho, de l'Agriculture, Stéphane Le Foll et de la Santé, Marisol Touraine, annoncent une "saisine immédiate" de l'agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et du haut conseil des biotechnologies. Ils envisagent, selon l'avis de l'Anses, de "suspendre en urgence l'autorisation d'importation dans l'Union européenne du maïs NK 603".
Au niveau européen, l'Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) sera également saisie. Cette instance est régulièrement épinglée par les écologistes pour les soupçons de conflits d'intérêt de ses membres, dont plusieurs ont des liens avec les semenciers. Le commissaire européen à la Santé a déjà fait savoir que le renouvellement du MON810 sera suspendu.
Des OGM cachés dans l'alimentation
Aujourd'hui, seules deux cultures d'OGM sont autorisées par l'Europe, le maïs MON810 et la pomme de terre Amflora. En vertu d'une clause de sauvegarde, la France n'en autorise aucune. L'étude du professeur Séralini donne de nouveaux arguments à cette position de précaution.
Toutefois, les consommateurs français restent susceptibles d'ingérer des OGM, dans des aliments à base de maïs (ou amidon de maïs, très fréquent), soja ou colza. L'étiquetage n'est obligatoire que lorsque le taux d'OGM dépasse 0,9%. L'importation de 35 espèces d'OGM est également autorisée pour l'alimentation animale.









































