Même Facebook n'avait pas eu droit à cela. C'est que le site de micro-blogging Twitter fait, lui, des émules jusque dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, où certains députés ont pris l'habitude de tweeter (verbe du premier groupe) le contenu des séances en temps réel. Ce qui a poussé Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée nationale, à annoncer ce jeudi qu'il soumettrait le cas de ces accros au Bureau de l'Assemblée, son organe exécutif.

La veille, Lionel Tardy, un député UMP, s'était fait réprimander (un "carton rouge" dans un de ses tweets devenus fameux) pour avoir livré sur le site des extraits de l'audition à huis-clos de Raymond Domenech, ancien sélectionneur de l'équipe de France, et Jean-Pierre Escalettes, président démissionnaire de la FFF, devant la commission des Affaires culturelles.

"Rien à cacher"
"Les nouvelles technologies sont là, il faut s'en féliciter. Elles font circuler l'information de manière de plus en plus rapide. Mais elles ne peuvent remettre en cause le respect du huis-clos lorsque l'Assemblée ou une commission le décide", a argumenté M. Accoyer.

Le député en question, lui, s'est défendu sur les ondes d'Europe 1 : "J'avais mon ordinateur portable connecté sur la liaison wifi de l'Assemblée nationale, comme souvent. Honnêtement, il n'y avait rien à cacher car il n'y avait pas de quoi fouetter un chat. D'autant que ce huis-clos ne donne pas une bonne image du football français."

Goutte d'eau
Le problème, c'est que M. Tardy est un récidiviste. En mars dernier déjà, il avait tweeté en temps réel les moments chauds de la première réunion du groupe UMP à l'Assemblée consécutive à la déroute de la droite aux élections régionales, annonçant par exemple en exclusivité l'abandon de la taxe carbone à venir.

Mercredi, un autre député UMP a fait parler de lui pour ses posts sur Twitter. Yannick Favennec, en l'occurrence, qui a permis à la presse de savoir que Nicolas Sarkozy remanierait son gouvernement en octobre avant que le chef de l'Etat ne l'annonce lui-même. La goutte d'eau qui a fait déborder le vase de Bernard Accoyer ?