La course a l'élection présidentielle a bel et bien commencé du côté du Parti socialiste. Alors que l'université d'été de La Rochelle débute vendredi, Martine Aubry annonce qu'elle décidera de se présenter ou non "avant le début de l'année 2011" dans un ouvrage de David Revault d'Allones, journaliste à Libération, intitulé "Petits meurtres entre camarades" qui paraît ce jeudi. De son côté, Ségolène Royal se montre coopérative, mais pose ses conditions.
Selon un récent sondage TNS-Sofres-Logica, Mme Aubry battrait largement Nicolas Sarkozy (53-47) au second tour de la présidentielle. Mais ce même sondage nous apprend également que Dominique Strauss-Kahn ferait encore bien mieux (59-41), tandis que Ségolène Royal perdrait (49-51). Difficile de ne pas voir dans un tel contexte les raisons qui pousseraient Martine Aubry à précipiter sa candidature aux primaires...
C'est que M. Strauss-Kahn est, en principe, en poste au FMI jusqu'en novembre 2012. Alors que la France s'apprête à prendre la présidence du G20 en novembre, le pion avancée par Mme Aubry met DSK dans une position pour le moins inconfortable en le contraignant à prendre une décision avant la fin de l'année... Car si l'on sait que les candidats aux primaires du PS ont jusqu'à juin 2011 pour se déclarer, on sait également qu'il existe une sorte de pacte de non-agression (un secret de Polichinelle) entre les socialistes les plus "présidentiables".
Si, comme convenu, un seul d'entre eux venait à se présenter, tout devrait alors se jouer dans les prochains mois. Ségolène Royal, également concernée par cet accord, le sait bien. Dans le même livre, elle assure n'avoir encore "rien décidé" et se dit prête à soutenir "un dispositif gagnant". Ce qui ne l'empêche pourtant pas de se montrer menaçante : "Si la règle du jeu est pipée, si ça se transforme en système verrouillé, à ce moment-là, je prendrai les militants à témoin. Qui sait faire campagne comme je sais le faire ? Je peux gagner face à tous les autres candidats." Voilà qui promet.
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