Que vous inspire cet avant projet de loi ?
Il s'agit de la mort de la police judiciaire. Ce texte est un vrai coup de poignard dans le dos des policiers, qui n'ont jamais été consultés. Pour autant, nous ne cultivons pas une opposition de principe à la présence de l'avocat durant la garde à vue, mais nous nous inquiétons du déséquilibre que cela va induire.
Qu'entendez-vous par là ?
Jusqu'à présent, il y avait un équilibre entre les droits de la défense, les enquêteurs et les droits des victimes. Avec le projet de réforme, priorité est clairement donnée aux droits des voyous. Sans renier la présomption d'innocence, le mis en cause disposera donc d'un avocat, le policier sera encore davantage noyé sous la procédure et le formalisme, tandis que la victime devient la grande oubliée de cette affaire. Il faut savoir qu'aujourd'hui une victime, même si elle touche le Smic, n'a pas le droit à un avocat gratuit. Le mis en cause, oui.
Vous craignez que les affaires deviennent plus délicates à traiter ?
Nous allons assister à une chute du nombre d'affaires résolues. En 2000, avec la loi Guigou, nous avions déjà averti que l'alourdissement procédural allait avantager les délinquants ; cela s'est vérifié. Aujourd'hui, nous affirmons que ces nouvelles dispositions vont directement impacter – et parfois empêcher – la résolution d'affaires. Nous allons connaître des représailles sur les témoins, des pressions sur les victimes et des disparitions de preuves.
Sur le même sujet : Garde à vue : faites entrer l'avocat
Me Françoise Cotta : "Une victoire qui appelle à la vigilance"



































