Tara vient de franchir le golfe d’Aden, un passage périlleux en raison des actes de piraterie. Comment s’est passée la traversée ?
Sans problème. Comme il y a eu du mauvais temps, Tara n’a pas croisé beaucoup de bateaux, à part des navires de commerce et la force Atalante (flotte militaire européenne, ndlr). On n’a même pas vu un pêcheur ! La traversée a duré douze jours: on a eu beaucoup de vent dans le nez au début, puis on a dû naviguer au moteur et on a eu une tempête de sable à Abou Dhabi. 

Quels étaient vos craintes ?

On s’est sentis exposés car Tara est médiatisée. Les gens qui cherchent à pirater les navires se renseignent comme vous et moi. On a noté plusieurs connections sur notre site Internet à partir de pays proches de cette zone, notamment une personne au Yémen, qui se connectait tous les jours pour regarder la carte satellite du parcours.

Quelles mesures de précaution avez-vous observées ?
On a pris cette question très au sérieux. Des rapports de la marine nationale faisaient état de risques non négligeables. Sur la traversée Djibouti-Abou Dhabi, on était en mode convoyage. Les scientifiques et le correspondant à bord ont été débarqués pour minimiser les risques d’enlèvement. On n’a pas indiqué le moment où on est partis. On avait même envisagé de faire cette partie du parcours par la route, mais c’est impossible de soulever un bateau comme Tara et de le transporter sur un camion.

Et maintenant, quel est le programme ?
On repart en mode sciences. Des prélèvements sont prévus en sortie du détroit d’Ormuz où passe 70% du pétrole de la planète. Mais tout l’océan Indien reste une mer compliquée. On ne sera pas tranquille avant d’arriver aux Maldives début avril. Le site Internet restera évasif sur la position du bateau. On ne veut pas être pris pour cible.
 

Suivez l'expédition sur le site de la mission Tara Océans