Pourquoi participer à l’expédition Tara Oceans ?
l y a tout juste un an, Eric Karsenti, le chef scientifique de Tara Oceans, m’a proposé de travailler sur la préparation de cette formidable épopée. Ce bateau est une aubaine pour apprendre et aller explorer le plancton sur tous les océans.
Quelles sont vos fonctions à bord?
Je récolte un groupe de plancton bien particulier, appeler les protistes (cellule avec un noyau). Pour cela, je dois suivre un plan d’échantillonnage bien précis, telle une recette de cuisine, qui sera le même durant toute l’expédition. La veille, c’est la journée de préparation de la station d’échantillonnage : marquer des centaines de tubes, laver les différents instruments à bord, réunir tout le matériel nécessaire…Puis vient la journée d’échantillonnage, où nous nous arrêtons à un même point pendant douze à quatorze heures. Le matin, nous récoltons le plancton à la surface, puis l’après-midi en profondeur jusqu’à 1000 mètres. Tout le monde à bord participe. Le lendemain, il faut traiter et ranger les échantillons.
Avez-vous été gênés par les conditions météos ?
Oui ! Il nous est arrivé d’être bloqué dans certains ports plusieurs jours. En mer, on a dû aussi plusieurs fois reporter les stations car c'était trop dangereux pour l’équipage. C’est assez fatiguant pour nous scientifiques « non marins » de travailler tout en cherchant l’équilibre.
Quelle est la spécificité de la zone où vous faites actuellement des prélèvements ?
Tara est rentré dans le bassin oriental de la méditerranée qui est pauvre en nutriments, les engrais de la mer. On appelle cela une zone oligotrophe ou désert. Aucun grand fleuve ne se jette à proximité donc il n’y a aucun apport de ces nutriments essentiels. En revanche, cette zone ne manque pas de fer, qui vient des déserts terrestres, et est transporté par le vent. C’est donc une zone très intéressante, où la structure et le fonctionnement de l’écosystème est bien spécifique. Le plancton a adopté par exemple des stratégies, comme la symbiose, pour survivre dans ces eaux pauvres. La proie et le prédateur peuvent vivre ensemble, au sein d’une même cellule et ne former qu’un « super »organisme.
Est-ce important pour vous de capter des eaux libyennes ?
C’est très important pour connaître un peu plus sur la biologie de cette zone d’intérêt. Il est très rare effectivement d’avoir accès à ces eaux car les autorisations sont très difficiles voire impossibles à obtenir. C’est une pièce du puzzle que TaraOceans va ajouter. Et puis, c’est une occasion d’explorer le phénomène de symbiose chez le plancton, qui constitue mon sujet de doctorat.
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Mis à jour 18-11-2009 17:00

Johan Decelle, étudiant en doctorat à station biologique de Roscoff Photo : Sacha Bollet/Fonds Tara
"On a accès à une zone rarement étudiée"
Rencontre avec Johan Decelle, en doctorat à Roscoff, qui étudie la symbiose des planctons à bord de Tara
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