Vendredi, on a appris qu'à Arrou, dans l'Eure-et-Loir, un homme âgé de quatre-vingts avait été séquestré par son proche entourage pendant près d'un an (lire "Un octogénaire séquestré par sa famille").
Enfermé dans une buanderie, battu et sous-alimenté, l'homme qui était malvoyant a totalement perdu la vue durant son calvaire. Libéré mercredi par des gendarmes, il a été admis à l'hôpital de Châteaudun où il se repose, en état de choc, mais conscient et lucide a-t-on précisé de source judiciaire. Pour l'heure, il ne souhaite pas s'exprimer.
Parmi ses tortionnaires, sa propre femme âgée d'une quarantaine d'années a été écrouée samedi 31 juillet à la maison d'arrêt de Versailles tandis que l'un de ses fils et son amant présumé ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire.
Tous trois ont été mis en examen pour violences, séquestration et abus de faiblesse sur personne vulnérable. Ils n'ont encore rien dit de leurs motivations, mais d'après les premiers éléments de l'enquête, quelque 500.000 euros auraient été extorqués à la victime au cours des derniers mois.
Dans la petite commune d'Arrou, l'affaire n'étonne guère. Une habitante a ainsi déclaré à l'AFP que "la femme était très bizarre", expliquant que certains "savaient qu'elle avait entretenu une relation étrange avec un vieux monsieur tandis qu'elle vivait avec un plus jeune".
Et cette même dame de préciser qu'à Droué, le village voisin où l'octogénaire et la quadra se sont mariés il y a trois ans, "le maire de la commune n'avait pas voulu les unir, car il avait des doutes sur la véracité de leur union".
D'après divers témoignages recueillis dans le voisinage, à cette époque, lorsque le couple habitait à Droué, "la victime vivait déjà recluse dans une pièce du sous-sol de leur maison", et il n'en sortait jamais, hormis "lorsqu'il est allé se marier à la mairie, il y a 3 ou 4 ans".
Il y a quelques mois, n'ayant plus signe de vie de l'octogénaire, le conseil général d'Eure-et-Loire avait alerté le parquet et transmis un signalement pour disparition inquiétante.
D'après les gendarmes qui mènent l'enquête, la dernière apparition publique de la victime remontait à un an, en juillet 2009, à la pharmacie d'Arrou.
Quelques mois plus tôt, son épouse avait tenté de mobiliser la presse locale pour récolter des dons afin de s'occuper de sa fille hémiplégique (et décédée depuis d'une tumeur cérébrale).
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