"Nous ne pouvons plus accepter un système qui sert mieux les compagnies d'assurance que les Américains. Ce qu'il nous faut, c'est un peu de courage." Détrompez-vous, Barack Obama est toujours le président des Etats-Unis. Mais s'il est actuellement en campagne, c'est pour continuer de défendre avec vigueur sa réforme de l'assurance-maladie, qu'il veut enfin voir adoptée au Congrès avant la fin de cette semaine.
Ce jeudi, il était censé effectuer son premier déplacement à l'étranger de l'année, en Indonésie. Il l'a finalement repoussé de trois jours, ciblant la réforme de l'assurance-maladie comme la véritable urgence du moment. Lundi encore, il continuait de battre campagne, en l'occurrence à Strongsville (Ohio) afin de tenter de convaincre la majorité démocrate de la Chambre des représentants.
Cabale
"Je suis ici à cause de Natoma !", avait-il alors lancé, en référence à la lettre que lui avait envoyée Natoma Canfield. Cette femme atteinte d'un cancer avait dû renoncer à sa couverture maladie parce que son assureur avait augmenté sa prime de 40%. Le président américain avait également appelé à une adoption du texte "sans délai". Il faut dire que ce projet a déjà traversé un véritable chemin de croix.
La réforme, dans sa version originale, était supposée couvrir les frais des 46 millions d'Américains privés d'assurance-maladie. Mais Barack Obama avait dû mettre de l'eau dans son vin devant la cabale contre le texte organisée par le mouvement populiste Tea Party, puis relayée par l'opposition républicaine au Congrès ainsi que par les Blue Dogs, les centristes du parti démocrate qui trouvent le prix de la réforme (un milliard de dollars) trop onéreux et craignent pour leur réélection en novembre prochain.
Hésitation
Les vacances parlementaires commencent le 26 mars et Barack Obama tient absolument à ce que la réforme soit votée avant. Pas une mince affaire, d'autant moins qu'il refuse désormais de fusionner les deux textes distincts votés fin décembre par les deux chambres du Congrès. Car cela impliquerait que le Sénat revote, et les démocrates n'y sont plus en majorité depuis le décès de Ted Kennedy.
Il presse donc Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants, d'adopter en l'état le texte que le Sénat avait voté et qui revoyait déjà ses ambitions à la baisse (il ne couvrirait plus que 31 millions d'Américains). Mais c'est sans compter sur l'hésitation de nombreux représentants démocrates, pourtant en majorité avec 254 sièges sur 435. Le conseiller politique d'Obama, David Axelrod, assurait dimanche que le président disposait déjà des 216 voix nécessaires à l'adoption de la réforme. Les médias américains parlent, eux, de 22 démocrates opposés au texte et d'une trentaine d'indécis.










































