Que répondez-vous aux professeurs d’histoire-géographie, penseurs et politiques inquiets de voir disparaitre l’enseignement de l’histoire-géographie en Terminale S ?
Que nous ne supprimons pas le programme d’Histoire et de géographie des Terminales S. Ce programme sera désormais vu en classe de Première, où le nombre d’heures d’enseignement de la matière va passer de 2h30 à 4 heures. Le même programme sera dispensé pour tous les élèves, qu’ils soient en S, en ES ou en L. Les élèves scientifiques valideront leurs connaissances par une épreuve du baccalauréat anticipée en fin de Première. On va faire avec l’Histoire et géographie ce qui existe depuis longtemps en Français : une matière anticipée qui permet de répartir les épreuves du baccalauréat sur deux années.
Que sera le contenu de l’enseignement en histoire-géo pour un élève de Terminale S qui choisirait quand même l’option ? Ce choix lui rapportera-t-il des points au bac ?
Nous allons revoir les programmes en conséquence. Mais l’objectif est qu’il y ait bien une culture commune à toutes les séries en Histoire-géographie et que, en Terminale, les scientifiques se consacrent à leurs matières de spécialisation : les mathématiques, les sciences et la physique. En Terminale, les élèves de la série S qui souhaitent prendre l’option Histoire-géographie, soit parce que ça les intéresse pour leur propre culture, soit parce qu’ils vont s’orienter vers des écoles de commerce, du droit, des sciences politiques, auront deux heures d’enseignement dans cette matière. Bien entendu, cette matière fera l'objet d'une bonification, par exemple sous forme de points supplémentaires.
De nombreuses voix s’élèvent pour défendre l’enseignement aux Terminales de cette discipline primordiale pour comprendre l’actualité…
Je voudrais leur dire que je partage leur souhait de voir l’Histoire et géographie perpétuer sa place éminente au lycée. J’ai le sentiment qu’après la réforme du lycée, l’Histoire-géographie va être confortée, parce qu’elle va faire partie du tronc commun de la classe de première. De plus, en série littéraire, nous introduisons de nouveaux enseignements de "droit" et de "grands enjeux du monde contemporains" dans lesquels l'histoire et la géographie auront évidemment toute leur place.
Une autre inquiétude : les élèves qui choisiront la filière L pourront arrêter les maths dès la fin de la Seconde…
L’un des axes majeurs de la réforme du lycée est l’idée d’une spécialisation et d’une orientation progressives : une classe de Seconde générale avec deux enseignements d’exploration pour découvrir de nouvelles matières et affiner son choix ; une classe de Première de spécialisation progressive avec la possibilité de changer de série y compris en cours d’année ; et une classe de Terminale spécialisée pour mieux construire une passerelle avec l’enseignement supérieur. Je suis très attaché à la revalorisation de la filière L qui a été abandonnée. Il faut lui construire de nouveaux débouchés, grâce à l’apprentissage des langues des grands enjeux du monde contemporain et du droit. C’est cette raison qui nous a conduit à orienter différemment la filière L pour la revaloriser. Bien sûr les élèves qui le souhaitent pourront choisir de suivre un enseignement substantiel de mathématiques, le même que celui proposé aux élèves de ES, par exemple en vue de certaines poursuites d'études en sciences humaines ou dans la perspective des métiers de l'enseignement.
L’installation du tronc commun en Première n’est-elle pas un moyen d’augmenter le nombre d’élèves par classe et donc de diminuer le nombre de postes ?
Le président de la République a indiqué le 13 octobre dernier que nous ne faisons pas cette réforme pour faire des économies. La réforme du lycée va se faire à moyens et taux d’encadrement constant. On fait cette réforme pour éviter à de nombreux jeunes -50 000 par an- de sortir du système éducatif sans le bac et pour améliorer l’orientation de nos élèves.
Qu’en-est-il du bac technologique ?
On va revoir complètement la filière STI, l’harmoniser avec le supérieur. Le bac technologique va bénéficier également des innovations de la réforme des lycées : les deux heures d’accompagnement personnalisé, le plan pour les langues.
Aux professeurs d’assurer cet accompagnement personnalisé ?
Oui, dans le cadre de leurs obligations de service. L’idée de base est que notre système éducatif doit être capable de s’adapter à la diversité des élèves. Pendant deux heures, ceux qui ont des difficultés recevront un soutien scolaire. Ceux qui marchent bien se verront proposer un approfondissement. Tous se verront inculquer des méthodes de travail pour les préparer à l’enseignement supérieur, tous recevront également une aide pour l'orientation. On adapte le système éducatif à chaque élève.



































