Entamant son allocution sur une note grave, le président de la République a évoqué "l'année qui s'achève (...) difficile pour tous, aucun continent, aucun pays, aucun secteur (n'ayant) été épargné".

Sa première pensée a été pour les Français qui souffrent de la crise économique, notamment "ceux qui ont perdu leur emploi".

Aussitôt, Nicolas Sarkozy a néanmoins modéré l'impact de la crise dans l'Hegagone.

Le pire évité
"Nous le devons à notre modèle social qui a amorti le choc, aux mesures énergiques qui ont été prises pour soutenir l'activité et (...) que personne ne reste au bord du chemin" a-t-il expliqué, avant de saluer les mérites qui reviennent "aux partenaires sociaux, qui ont fait preuve d'un grand sens des responsabilités, aux associations qui ont secouru ceux qui en avaient le plus besoin" et aux chefs d'entreprises "qui se sont efforcés de sauver des emplois".

"Ensemble, nous avons évité le pire" a embrayé le président français avant de se livrer à une sorte de bilan de son action, affirmant que "nous avons aussi préparé l'avenir" tandis qu'"un monde nouveau a commencé à se construire", notamment autour du G20.

Nicolas Sarkozy s'est ensuite félicité de la "nouvelle organisation mondiale (qui) se dessine". Evoquant "les bonus extravagants", "les paradis fiscaux" et les "engagements chiffrés, pris par tous les états" au sommet sur le climat de Copenhague, il a estimé que des problèmes "qui semblaient insolubles sont en voie d'être résolus",

Bilan personnel
En forme de bilan, il a donc défendu son action de "transformation de la France", avec une "fiscalité plus favorable au travail et à l'investissement", le "service minimum dans les transports publics, qui fonctionne", la mise en place du RSA, la réforme du système hospitalier, de la carte judiciaire, de la Défense, ou encore le plan d'investissement qui va permettre "d'accomplir la révolution numérique".

Sans oublier Hadopi, le président est ainsi revenu sur les principaux dossiers politiques des deux années écoulées, y compris le Grenelle de l'environnement et la fiscalité écologique, "un enjeu majeur", dont il confirme, suite à l'annulation de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel, la présentation d'un nouveau dispositif pour le 20 janvier.

Les objectifs pour 2010
Se disant conscient que les réformes ont bouleversé les habitudes et ont pu provoquer des inquiétudes, le président pour qui "l'immobilisme n'est pas une alternative" a ensuite fixé le cap gouvernemental pour 2010.

Tour à tour, Nicolas Sarkozy a mentionné "le chômage et l'exclusion", qu'il s'agit de faire reculer, les dépenses courantes, à réduire "pour accroître les dépenses d'avenir", "l'organisation territoriale" à simplifier, "le système de retraite" à consolider, le "défi de la dépendance qui sera dans les décennies à venir l'un des problèmes les plus douloureux" pour les familles, ou encore la justice, dont il annonce la réforme pour qu'elle "protège davantage les libertés et qu'elle soit plus attentive aux victimes".

Pour lui, "même si les épreuves ne sont pas terminées, 2010 sera une année de renouveau", assurant que les efforts faits depuis son entrée en fonction "vont porter leurs fruits". Appelant à l'unité, il a enfin évoqué un "devoir d'exemplarité" de la France dans la recherche d'un nouvel ordre mondial, plus équilibré, mieux régulé, pour "plus de justice et de paix".

Au terme de six minutes d'allocution, non sans une pensée particulière pour les militaires français et pour les ressortissants des départements d'outre-mer, comme il a commencé Nicolas Sarkozy a conclu sur les plus vulnérables, les personnes âgées, les accidentés de la vie, leur promettant qu'ils ne seraient pas abandonnés "face à l'isolement, face à la solitude", et souhaitant que 2010 soit l'année où "nous redonnerons un sens au beau mot de fraternité".