Après trois ans passés à l'Elysée, le bilan de Nicolas Sarkozy est jugé mauvais par 69% des Français, qui désapprouvent par ailleurs son action à hauteur de 74%, d'après un sondage BVA pour Canal +. C'est dans ce contexte que le président de la République a reçu les députés UMP ce mercredi, et qu'il leur a livré une confidence pour le moins ambigüe en leur annonçant qu'il ne comptait plus faire "que de la politique" à partir du second semestre 2011, à seulement quelques mois de la présidentielle…
"Mi-2011, on pourra dire qu'on a fait passer tout notre programme de réforme", a prédit le chef de l'Etat. A savoir, celle des retraites en 2010 puis la dépendance au premier trimestre 2011. Le moment idéal pour partir en campagne ? "Pas du tout", rétorque Eric Raoult, député-maire du Raincy, qui reconnaît tout de même : "Mais il a dit 'à partir de juin-juillet 2011, on recommencera peut-être à faire de la politique'. Donc s'il a dit cela, ça veut peut-être quand même dire qu'il a une idée en tête." Avant de conclure, pour finalement se contredire : "Ca veut peut-être dire ce qu'on a compris."
"Ca ne fait aucun doute"
Peut-être bien, oui. Une autre participante, elle, n'a même pas pris le temps d'en douter : "On en a déduit : 'il va y aller'". Pour mémoire, Nicolas Sarkozy avait déjà évoqué la prochaine présidentielle à demi-mots. "Je me déterminerai pour 2012 à la fin de l'été ou au début de l'automne 2011", avait-il avoué il y a de cela un mois à Washington, dans un entretien accordé à une chaîne de télévision américaine. Et pour ceux qui n'auraient pas compris, Nadine Morano en a même remis une couche ce mercredi, estimant que "ça ne fait aucun doute, il faut qu'il soit candidat en 2012".
Il fallait donc bien une villepiniste pour doucher toutes ces ambitions soigneusement affichées. Marie-Anne Montchamp, député du Val-de-Marne, présente à l'Elysée ce mercredi matin, prétend avoir compris la dernière sortie présidentielle "au premier degré". Et l'interprète à sa manière : "Occupons-nous d'abord des réformes programmées et ensuite nous nous poserons des questions. Pour moi, c'est une approche qui privilégie le court terme."


































