Et paf ! Le taux de chômage au quatrième trimestre 2009 culmine à 9,6% de la population active en métropole, et même à 10% en comptant les départements d'outre-mer (DOM), soit le taux le plus élevé depuis 1999 et la progression la plus forte sur un an encore jamais vue. Un chiffre qui tombe mal pour la majorité alors que les élections régionales se tiennent dans dix jours. Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), la France compte désormais 2,7 millions de chômeurs.

Le 17 décembre, dans sa note de conjoncture, l'Institut prévoyait pourtant que le taux de chômage, DOM inclus, n'atteindrait la barre fatidique des 10% qu'en juin 2010. Sauf qu'il a bondi de 0,5 point au quatrième trimestre, portant à 1,8 point son progrès sur l'année 2009. Une augmentation sur l'année encore jamais vue, donc forcément difficile à anticiper. Et un retour en arrière de onze ans qui permet de se souvenir qu'à l'époque, le chiffre était descendu pour atteindre ces 10%

Grisaille
Autre temps : depuis le premier trimestre 2008, le taux n'a plus fait que progresser. Dans le détail, les hommes ont été plus nombreux à s'inscrire sur les listes de demandeurs d'emploi au quatrième trimestre 2009, avec 0,8 point pris en un trimestre et 2,2 sur l'année. Du côté des femmes, le taux s'est contenté de stagner par rapport au troisième trimestre, mais il a augmenté d'1,2 point en un an. Toutefois, l'Insee précise bien que ces données sont une estimation corrigée des variations saisonnières à "plus ou moins 0,4 point".

Seul rayon de soleil dans cette grisaille : les emplois à temps partiel et les salariés au chômage partiel se maintiennent à 5,5% tandis que le taux de chômage des seniors a baissé de 0,3 point en 2009. Christine Lagarde et Laurent Wauquiez, respectivement ministre de l'Economie et secrétaire d'Etat à l'Emploi, ont pris "note de cette progression". Ce qui ne les empêche pas de se réjouir que "le marché de l'emploi résiste mieux en France à la crise que chez la plupart de nos partenaires".