Le texte examiné aujourd’hui à l’Assemblée est consensuel. Mais comment être sûr qu’il va être appliqué et suivi d’effet ?
Cela passe par la mobilisation de la représentation nationale, des professionnels et des associations. On va renforcer la formation et la sensibilisation des acteurs de santé, des acteurs sociaux et des médecins – souvent les premiers confidents des femmes victimes – via un amendement gouvernemental.

Le gouvernement s’engage-t-il à financer tous les dispositifs nécessaires à la bonne application de ces textes de loi ?
Mais c’est déjà le cas, via le financement d’associations, de 17 000 places consacrées aux femmes victimes de violence dans les centres d’hébergement, etc. Nous avons aussi mis en place des référents violences dans 31 départements pour coordonner l’accompagnement psychologique et social des victimes.

Le gouvernement s’est-il fixé des objectifs de résultat ?
Notre objectif est de faire reculer le taux de mortalité par les violences faites aux femmes. Sur le territoire national, 20% des crimes commis le sont sur les femmes dans le cadre des violences conjugales. Un tiers des 157 femmes mortes l’an dernier sous les coups de leur compagnon, soit 54, l’ont été alors que ce dernier faisait l’objet d’une mesure d’éloignement du domicile conjugal. On ne peut pas se contenter de la législation. Il faut un dispositif global d’accompagnement pour être plus performant.

Vous souhaitez introduire le bracelet électronique pour les conjoints violents…
Oui, via un amendement. Si la personne qui porte le bracelet entre dans un périmètre de 400 mètres autour de sa victime, le dispositif sonne et les forces de sécurité sont immédiatement alertées. L’arsenal législatif que nous proposons va aussi créer un délit de violences psychologiques tel que cela existe déjà dans le domaine du travail.

Comment faire la démonstration de ces violences ?
Il existe, pour que le juge puisse statuer sur le cas de violences psychologiques, tout un faisceau de preuves : témoignages, certificats médicaux et expertises médicales, SMS, enregistrement de messages téléphoniques, lettres… Sur les 80 000 appels passés chaque année au 3919, 17 000 font l’objet d’un traitement et 84% relèvent de la violence psychologique, qui est souvent accompagnées de violences physiques.

La France va-t-elle créer un observatoire national des violences faites aux femmes ?
Il existe déjà un Observatoire national de la délinquance, auquel on va dédier une mission sur les violences faites aux femmes. Un observatoire européen de ces violences va être créé sous la présidence espagnole de l’UE.