La France n’est pas seulement championne des antidépresseurs, elle est aussi au premier rang pour l’utilisation de pesticides : 76 000 tonnes par an, soit un tiers de la consommation totale en Europe. La cinquième semaine pour une alternative aux pesticides est organisée par le MRDGF du 20 au 30 mars pour sensibiliser les Français et les inciter à agir.

Des usagers en danger
Utiliser des produits phytosanitaires pour repousser les insectes, limiter les moisissures ou éviter les mauvaises herbes, c’est tentant. Mais ces produits chimiques ont des effets nocifs sur la santé : des intoxication d’agriculteurs ou de particuliers (conseils et témoignages sur www.victimes-pesticides.org), ou des ingestions répétées de résidus de produits chimiques dans l’eau et dans les aliments peuvent occasionner des cancers, des problèmes neurologiques ou des perturbations du système reproductif.

La biodiversité menacée
Les pesticides ont aussi des conséquences néfastes pour les milieux naturels : ils affaiblissent des populations entières d’insectes, comme les abeilles, empêchant ainsi une bonne pollinisation, ils réduisent la biodiversité, en détruisant des herbes dites "mauvaises" au profit d’un petit nombre d’espèces.

Modifier les pratiques agricoles
L’agriculture utilise 90% des pesticides vendus en France. Le plan Ecophyto mis en place par le Grenelle de l’environnement envisage de réduire leur utilisation de 50% en 2018. Un principe partiellement remis en cause par les récentes déclarations de Nicolas Sarkozy au salon de l’Agriculture. Un rapport de l’Institut national de recherche agronomique estime possible de réduire de 30% les pesticides sans modifier radicalement les systèmes de production.

Jardiner sans produits chimiques
Même si l’on n’est pas agriculteur, on peut avoir des leviers d’action. D’abord au supermarché: tous les produits issus de l’agriculture biologique sont sans pesticides. Une garantie de ne pas manger de résidus chimiques mais aussi de contribuer à une eau de qualité. Ensuite sur son balcon ou son jardin, on peut lutter contre les mauvaises herbes et les insectes sans avoir recours aux pesticides. Plusieurs conférences pratiques sur ce sujet sont proposées parmi les 600 actions organisées par cette semaine pour une alternative aux pesticides