L’affaire du meurtre d’un responsable du Hamas tourne à l’imbroglio diplomatique. Londres et Dublin ont convoqué l'ambassadeur d'Israël et annoncé ce mercredi une enquête sur l'utilisation de faux passeports provenant des deux pays.

Le 20 janvier dernier, le Palestinien Mahmoud Abou Al-Mabhouh, considéré comme le principal pourvoyeur en armes du Hamas a été assassiné à Dubaï, dans sa chambre d’hôtel. Il aurait été tué par un commando de onze personnes filmées par les caméras de surveillance dans les couloirs de l’hôtel.

Au coeur des tensions diplomatiques, l'utilisation de "vrais ou faux" passeports européens (Royaume-Uni, Irlande, Allemagne et France) par le commando. Sept noms d'Israéliens dont six détenteurs avec la double nationalité britannique auraient été usurpés. Dès les premiers élements de l'enquête, la police de Dubaï a pointé du doigt l'implication des services secrets israéliens dans cette opération.

Une opération du Mossad ratée ?
Le chef de la police de Dubaï a déclaré "à 99%, sinon à 100% que le Mossad est derrière l'assassinat".  Le quotidien Haaretz a réclamé la démission du chef du Mossad Méir Dagan, réputé pour ses "opérations de liquidation". Un ancien haut responsable du Mossad a quant à lui estimé que les services secrets israéliens pourraient avoir commis une "grave erreur" si l'utilisation de passeports israéliens est avérée sans leur consentement.

Un ratage du Mossad mettrait le Premier ministre Benjamin Nétanyahou dans une situation délicate. Lors de son arrivée à la tête du gouvernement israélien, le Mossad s'était déjà illustré avec la tentative d'assassinat de Khaled Mechaal, aujourd'hui devenu chef suprême du Hamas.

Tournure politico-internationale
L'affaire est aujourd'hui passée à la vitesse supérieure puisque les gouvernements européens s'en mêlent. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a tenté d'atténuer la polémique. "Il n'y a aucune raison de penser qu'il s'agissait du Mossad israélien et pas des services secrets d'autres pays en train de faire des bêtises", a affirmé M. Lieberman mercredi. "Je crois que la Grande-Bretagne reconnaît qu'Israël est un pays responsable (...) Nous n'avons donc aucune raison d'être inquiets", a-t-il estimé.

Le Mossad serait bel et bien sur la sellette. L'ambassadeur d'Israël à Londres sera reçu jeudi au Foreign Office pour discuter de l'utilisation de ces faux passeports. "Nous devons mener une enquête exhaustive à ce sujet. Le passeport britannique est un document qui doit être détenu de manière appropriée", a déclaré mercredi M. Brown sur une radio londonienne.

Le ministre des Affaires étrangères irlandais, Micheal Martin, a souligné que l'Irlande "considérait toute activité mettant en danger l'intégrité d'un passeport irlandais comme extrêmement grave".