Toujours aux prises avec une vague de suicides, dont le dernier cas remonte au 17 novembre, sans qu'un lien direct ait pu être établi avec les conditions de travail du salarié concerné, la récente démission d'un médecin du travail de l'entreprise, ainsi que la publication ce lundi d'un document interne à France Télécom, sèment un peu plus la suspicion sur la gestion du personnel au sein du groupe.

Objet de controverse aujourd'hui, un document adressé par le médecin coordinateur de France Télécom, le 12 septembre dernier, aux quelque 70 médecins du travail de l'entreprise. Dans ce courrier électronique, il estsuggéré aux destinataires de déclencher "une conférence sanitaire d'urgence avec les DUO ou les DRH pour passer en revue l'ensemble des personnes qui devraient faire l'objet d'une attention redoublée".

Pour des médecins de France Télécom, c'est une pratique "non déontologique" qui touche au respect du "secret médical", selon les propos du président du Syndicat général de la médecine du travail, Bernard Salengro, rapportés par le quotidien.

Contacté par Metro, France Télécom qualifie de "non histoire" la publication de ce courrier deux mois et demi après son envoi, et affirme que les actions mises en place pour endiguer les suicides de salariés de l'entreprise "respectent totalement le secret médical".

Ce week-end, on apprenait la démission d'un médecin du travail de l'opérateur téléphonique exerçant à la fois à Lyon et à Grenoble. Dans une lettre adressée à sa direction le 10 novembre dernier, et dont l'AFP a publié des extraits, ce docteur explique son choix par l'impossibilité d'exercer correctement son métier au sein de l'entreprise.

"Durant ces deux années d'exercice, je n'ai pu faire que le constat d'une adaptation forcée de l'homme au travail, suite à des fermetures de service, des suppressions de poste de travail, des mutations fonctionnelles ou géographiques imposées", précise-t-elle.

Selon les informations du Parisien et Aujourd'hui en France, une dizaine d'autres médecins du travail de France Télécom auraient démissionné. Un chiffre que dément le porte-parole de l'entreprise joint par Metro, qui affirme qu'"il ne s'agit pas d'une vague massive de démission comme ont veut nous le faire croire", et de rappeler que s'il y a eu des démissions, il y a surtout des recrutements au sein du groupe.

En tout, une dizaine de médecins du travail ont été embauchés, conformément à la volonté de la direction d'accroitre ses effectifs et ses moyens pour améliorer l'accompagnement des salariés.