Vous savourez là une vraie victoire...
Oui, et bien qu'il faille attendre son adoption définitive, ce texte est une avancée considérable pour le droit des victimes, mais aussi pour le droit français. Mais il faut rester vigilant à ce que cette évolution ne se fasse pas au détriment d'autres principes fondamentaux.
Que craignez-vous ?
Il ne faut pas que cela s'inscrive dans un processus de déjudiciarisation de l'enquête. Puisque l'avocat est présent tout au long de la garde à vue, on risque d'assister à une parfaite enquête de police sous l'égide du parquet. C'est exactement ce que le gouvernement veut mettre en place avec la suppression du juge d'instruction. Or, on sait que ce dernier reste un facteur d'indépendance. Je précise aussi que, si l'on suit le texte, la présence de l'avocat est facultative. Cela sous-entend donc que cette évolution doit s'accompagner de mesures de financement permettant à n'importe qui de bénéficier de l'aide juridictionnelle. Sinon, nous évoluerons vers un système où seuls les plus favorisés bénéficieront d'un avocat.
Comprenez-vous les réserves émises par plusieurs syndicats de police ?
Lorsque des policiers estiment qu'avec ce texte, il ne peut plus y avoir d'enquête policière, ils accréditent la thèse que l'enquête se résume à l'enfermement du mis en cause, en dehors de tout cadre de défense. Cela veut-il dire aussi que l'objectif était donc l'extorsion des aveux, qui ne devient plus possible avec la présence de l'avocat ?
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