En déplacement avec son ministre de l'Intérieur le 30 juillet à Grenoble, Nicolas Sarkozy a appelé de ses voeux la possibilité de déchoir de la nationalité française certains délinquants d'origine étrangère (lire "Sarkozy prône la déchéance").
Alors que le chef de l'Etat avait destiné cette mesure aux personnes qui auraient "volontairement porté atteinte" aux policiers, gendarmes et à tout autre "dépositaire de l'autorité publique", Brice Hortefeux a surenchéri ce dimanche, dans un entretien au Parisien.
Interrogé sur le cas de Lies Hebbadj, le boucher nantais et sans doute polygame qu'il voulait priver de sa nationalité en avril dernier (lire "Hebbadj en garde à vue"), M. Hortefeux a répondu que "des déchéances de nationalité doivent pouvoir être prononcées dans de telles situations, mais aussi en cas d'excision, de traite d'êtres humains ou d'actes de délinquance grave".
Le ministre de l'Intérieur, précédemment en charge de l'Immigration a par ailleurs indiqué que les dispositions évoquées par Nicolas Sarkozy devraient figurer dans le projet de loi sur la sécurité intérieure qui sera examiné au Sénat le 7 septembre, et dans le projet de loi sur l'immigration qui sera présenté à l'Assemblée plus tard dans le mois (lire "des amendements à la loi sur l'immigration ?").
Comme toute l'opposition, Martine Aubry, la Première secrétaire du Parti socialiste considère que sur fond de discours sécuritaire, Nicolas Sarkozy et sa majorité sont en pleine dérive droitière (lire "La République pourrit par le sommet").
Dans un communiqué de presse publié ce dimanche, Mme Aubry estime que "les dernières déclarations du ministre de l'Intérieur et de sa majorité après celles du Président de la République à Grenoble (...) marquent un pas de plus dans l'outrance verbale et une dérive antirépublicaine qui abîme la France et ses valeurs par des lois d'exception aussi iniques que vraisemblablement anticonstitutionnelles".
Pour la maire de Lille, "la dureté des mots et la dérive des propositions n'ont d'égal que l'ampleur des échecs de Nicolas Sarkozy en matière économique et sociale comme en matière de sécurité. Il ne faut pas chercher ailleurs cet affolement de la droite".
Et Mme Aubry de conclure : "Nous le disons avec force : nous ne laisserons pas masquer ces échecs comme les affaires qui touchent aujourd'hui la droite par un écran de fumée jouant sur les peurs".
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