Les opposants au mariage gay continuent d'y croire. Quelques heures après le vote de l'article 1er du projet de loi autorisant le mariage pour tous, des dizaines de manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes de France, répondant à l'appel de "La manif pour tous". La police a dénombré environ 80 000 manifestants répartis en 80 rassemblements sur l'Hexagone. Ils étaient 6 500 à Paris, selon la police, et pas moins du double à Versailles (Yvelines), rassemblés devant la Préfecture, à quelques centaines de mètres du château.

Toujours selon la police, les manifestants étaient 4500 à La Défense (10.000 selon les organisateurs), 5000 à Rennes, 3000 à Nantes, et 1600 à Lyon (5000 selon les organisateurs). Les manifestations ont également mobilisé des milliers de personnes à Marseille, Toulouse, Melun, Perpignan, Strasbourg, Avignon, Angers ou encore à Lille. Après la démonstration de force du 13 janvier à Paris (1 million ou 340.000 personnes selon les organisateurs ou la police), une nouvelle manifestation nationale est programmée pour le 24 mars dans la capitale.

Elus d'opposition soutiennent les manifestations

A Paris, la manifestation a reçu le soutien de plusieurs députés UMP, dont le président du groupe Christian Jacob qui a mis en garde contre "les bouleversements éthiques et bioéthiques que la loi (allait) entraîner". Son collègue Hervé Mariton avait auparavant regretté que "la mobilisation de l'opposition n'(ait) pas été suffisante" pour voter contre l'adoption de l'article 1er du texte. A Avignon, la députée FN Marion Maréchal-Le Pen a lancé "J'étais hier à l'Assemblée, je suis aujourd'hui sur le terrain, on ne faiblira pas".

De son côté, Frigide Barjot, figure de proue des opposants au texte, a lâché "Les lignes bougent !" à la manifestation parisienne, rendant hommage au député de gauche de Martinique, Bruno Nestor Azérot, qui a dit jeudi à la tribune de l'Assemblée son opposition au projet. "Nous sommes là pour libérer nos députés", a ajouté Frigide Barjot à la foule. Les manifestants étaient invités à signer une pétition demandant la saisie du Conseil économique, social et environnemental (CESE), "troisième assemblée constitutionnelle de la République".