Après avoir été critiqué pour sa mauvaise gestion de la marée noire, Barack Obama emploie les grands moyens. C’est depuis le bureau ovale de la Maison Blanche que le président américain a prononcé mardi soir un discours solennel de 17 minutes pour affirmer son engagement à combattre la "pire catastrophe écologique"des Etats-Unis.
"Ce n’est pas un événement ponctuel qui provoque des dégâts en quelques minutes ou quelques jours", analyse Barack Obama, qui a comparé la tragédie des côtes de la Louisiane à une "épidémie" à combattre pendant "des mois, et même des années".
60 000 barils par jour
Comme une épidémie, cette marée noire provoquée par l’explosion d’une plateforme BP fin avril montre progressivement son étendue. Les autorités américaines ont à nouveau révisé à la hausse la quantité de brut qui se déverse chaque jour du puits endommagé. Ils avancent désormais des estimations entre 35 000 et 60 000 barils de pétrole par jour, ce qui correspond à un Exxon Valdez tous les quatre jours. En deux mois, ce seraient alors entre 300 et 500 millions de litres d’hydrocarbures qui se déverseraient dans une zone extrêmement riche en biodiversité.
La section du conduit principal, pour récupérer le brut, pourrait avoir augmenté encore le débit de la fuite, selon des scientifiques. Mardi, BP a dû interrompre le pompage pendant cinq heures à la suite d’un incendie.
Obama convoque BP
Barack Obama doit rencontrer ce mercredi le président de BP, Carl-Henric Svanberg et le directeur général Tony Hayward, mais il a déjà ordonné à la société de créer un fonds d’indemnisation indépendant pour dédommager les victimes. Le chiffre de 20 millions de dollars a été avancé par des membres du Congrès.
Le président américain a aussi annoncé le déploiement de 17 000 membres de la Garde nationale sur place, ainsi que la nomination d’un responsable du rétablissement des zones sinistrées, l’ex-gouverneur du Mississippi, Ray Mabus.
"Adopter les énergies propres"
La catastrophe de la marée noire pourrait aussi être pour les Etats-Unis l’occasion de tourner la page du tout pétrole et d’"adopter les énergies propres", selon Barack Obama. Toutefois, il n’a pas expliqué comment il pourrait faire adopter la loi sur l’énergie et le climat, bloqué depuis des mois au Sénat américain.
































