Décidément, il semble bien difficile de mesurer l'ampleur de la fuite de pétrole dans le Golfe du Mexique.
Tandis que les relations des Etats-Unis avec British Petroleum et à travers le groupe pétrolier avec le Royaume-Uni continuent de se dégrader, les autorités américaines ont indiqué que le volume de pétrole échappé pourrait être deux fois plus important que les premières estimations.
Une fuite pire que prévu
Tandis que l'on parlait d'un écoulement de 12.000 à 19.000 barils par jour, selon la nouvelle estimation des experts mandatés par l'administration américaine, de 20.000 à 40.000 barils de brut se seraient déversés dans le Golfe du Mexique depuis le naufrage de la plateforme Deepwater Horizon le 20 avril dernier, soit environ 5.260 tonnes.
A titre de comparaison, le pétrolier Erika qui s'était échoué en 1999 au large de la Bretagne avait libéré quelque 20.000 tonnes de brut.
Depuis le 3 juin et le premier succès de BP dans ses tentatives de pompage, la firme récupère quelque 15.000 barils de pétrole par jour. Progressivement, la capacité du dispositif qui repose sur un entonnoir devrait être portée à 28.000 barils par jour, et peut-être à plus de 40.000 avec l'arrivée de nouveaux navires de pompage (lire "Bientôt un deuxième dispositif ?").
D'un accident à l'autre
Vendredi, BP a annoncé le rappel à terre des 800 membres d'équipage embarqués sur 120 bateaux intervenant dans la lutte contre la marée noire. Cette décision fait suite à la rupture accidentelle d'un gazoduc par un bateau de ravitaillement amarré à la plateforme de gaz naturel de Cocodrie, au sud-ouest de la Louisiane.
Des 42 personnes à bord du navire, 36 ont dû être hospitalisées après avoir respiré le gaz toxique. Deux d'entre elles notamment souffraient d'essoufflement sévère, de douleurs de poitrine et de désorientation. Par sécurité, les 800 marins rappelés à terre vont faire l'objet d'un examen médical.
Les actionnaires de BP devraient trinquer
Selon la BBC, pour apaiser les relations avec les responsables américaines, le groupe pétrolier britannique devrait annoncer dans la semaine la suspension du paiement des dividendes à ses actionnaires.
Ce sera probablement l'un des sujets évoqués mercredi lors de la rencontre entre Barack Obama et le président de BP, Carl-Henric Svanberg, convoqué par la Maison Blanche à une réunion sur la marée noire.
Vendredi après-midi, le Premier ministre britannique s'est de son côté entretenu au téléphone avec M. Svanberg à qui il a fait part de son inquiétude quant à la pollution et pour la solidité financière du groupe qui a déjà perdu la moitié de sa valeur boursière.
Il y va des revenus de millions de retraités britanniques qui sont actionnaires de la société pétrolière.
Durant le week-end, David Cameron qui se targue d'avoir une "relation spéciale" avec les Etats-Unis a indiqué qu'il évoquerait la marée noire lors d'un entretien téléphonique avec Barack Obama.


































