Quatre mois et demi de répit. Depuis ce lundi matin et jusqu’au 15 mars, plus aucun foyer ne perdra son toit : c’est le début de la trêve hivernale des expulsions locatives. Un moment attendu par 1,8 million de ménages qui ont des difficultés à payer leur loyer. Parmi eux, 500 000 sont même en situation d’impayé, estime la Fondation Abbé Pierre, dont la plate-forme téléphonique, mise en place en juin pour prévenir les expulsions locatives, est submergée d’appels.


La crise économique, qui a déjà privé de travail 600 000 personnes, touche également de plein fouet le secteur de la construction en France. Au troisième trimestre, les mises en chantier de logements neufs ont encore reculé. Or la France aurait besoin de 800 000 logements supplémentaires, alors que l’on compte 3,5 millions de mal-logés. Ces personnes sont privées de domicile ou occupent des logements insalubres, inconfortables et surpeuplés. C’est pour leur venir en aide qu’a été rédigée, en mars 2007, la loi sur le droit au logement opposable (Dalo). Elle oblige l’Etat, via les préfets, à trouver un logement ou un hébergement aux personnes qui en font la demande, sous peine de recours en justice.


Là encore, le bilan est mauvais. Jeudi, Xavier Emmanuelli, président du comité de suivi du Dalo, a alerté le gouvernement sur le “non-respect de la loi” : “Au 30 juin dernier, au moins 7 250 ménages désignés prioritaires pour un logement par les commissions de médiation, dont 6 500 Franciliens, n’avaient pas reçu d’offre dans le délai légal.” A l’Etat, donc, d’impulser le changement. Et à Benoist Apparu, secrétaire d’Etat au Logement depuis fin juin, de se faire moins discret.