L'affaire ressemble de plus en plus au scénario d'un très bon film policier. A mesure que l'enquête du fourgon volé de Lyon avance, les enquêteurs mettent au jour une préparation extrêmement bien préparée, par un ou plusieurs hommes.

Jeudi matin, Tony Musulin, convoyeur de 39 ans, employé par la société de transports de fonds Loomis depuis une dizaine d'années, conduit un fourgon dans les rues de Lyon. Il est escorté de deux autres convoyeurs.

Vol sans violence
Aux alentours de 10 heures, le fourgon s'arrête dans le 7e arrondissement de Lyonet ses deux collègues descendent. Tony Musulin redémarre peu après, laissant les deux autres convoyeurs sur le carreau. A bord du fourgon, 11,6 millions d'euros sous la forme de 49 galettes.

Les deux convoyeurs derniers donnent l'alerte. Dans un premier temps, la police privilégie une prise d'otage. Le fourgon est retrouvé trois heures plus tard dans une ruelle du 8e arrondissement. Les forces de l'ordre ne découvrent aucune trace de violence.

Opération méticuleusement préparée
La piste du convoyeur brigand se précise alors : il est établi que Tony Musulin a éteint le GPS du fourgon et arrêté son téléphone mobile pour ne pas être localisé trop vite. Un peu plus tard, la thèse se confirme quand la police découvre l'appartement du chauffeur. Trop propre pour être crédible.

Frigo vidé, papiers et draps emportés, comptes en banque vidés... tous les signes de la fuite sont là. Son départ semble avoir été méticuleusement préparé. Célibataire, cet homme de 39 ans n'avait pas d'attache particulière et se plaignait depuis plusieurs mois de ne pas être suffisamment payé.

Sans doute une fuite rapide
Au regard de ces éléments, on peut supposer que le voleur avait également préparé sa fuite. On ne sait dans quel véhicule Tony Musulin roule mais il aurait pu très rapidement quitter la France en prenant le chemin de l'Europe orientale.

"Il y a fort à parier qu'il avait préalablement préparé un véhicule, un axe de fuite et un point de chute pour échapper aux recherches", a indiqué Xavier Richaud, le procureur général de Lyon. Quant à Jean-Paul Borelly, responsable du syndicat de police Alliance à Lyon, il estime que "le coup a très certainement été réalisé sur ordre et avec d'importantes complicités, peut-être à l'initiative d'une entreprise mafieuse."

Une hypothèse qui n'est pour l'instant pas partagée par Xavier Richaud : "Aujourd'hui, rien ne permet de dire qu'il a eu un complice. Les recherches se poursuivent, notamment dans le quartier où a été vidé le fourgon. Il faut quand même transporter ces sacs de billets, ce qui doit attirer l'attention."

Les 11,6 millions de dollars n'ont pas été consignés par la Banque de France car cela représenterait un trop lourd travail si cette solution de sécurité était systématisée. Cela signifie donc que le ou les voleurs, s'ils n'écoulent pas trop vite leur butin, peuvent longtemps passer inaperçu. On n'est pas loin du crime parfait.