Poches et tubes de perfusions, sondes, instruments de dialyse, attelles, revêtements de sols : à l’hôpital, les phtalates sont partout. Ces produits chimiques utilisés pour assouplir le PVC sont pourtant considérés comme toxiques, particulièrement pour les organismes fragiles des fœtus et des nourrissons. La députée UMP de Marseille, Valérie Boyer, présente mercredi une proposition de loi pour interdire l’usage de phtalates pour les femmes enceintes et les jeunes enfants en milieu hospitalier.
Malformations et troubles de la fertilité
Certains phtalates sont classés CMR (cancérogènes-mutagènes-reprotoxiques). Mis en contact avec les organismes en formation des fœtus et nourrissons, ils peuvent entraîner des malformations génitales, des cancers de l’utérus et de la prostate ainsi que des troubles de la fertilité. Pour cette raison, ils ont été bannis de la composition des jouets pour enfants par une directive européenne.
Une proposition "logique"
"Il faut être logique : c’est interdit pour les jouets mais cela reste permis dans les dispositifs médicaux, déplore Valérie Boyer. Je propose qu’on remplace les phtalates par d’autres matières, qui existent et qui ont un coût équivalent, dans les établissements de santé destinés à un public fragile : maternités, services de pédiatrie…" La parlementaire présentera sa proposition de loi mercredi lors d’un colloque organisé à Paris par le comité pour le développement durable en santé.
Interdire les phtalates partout?
La commission environnement du parlement européen a récemment recommandé d’interdire les PVC et les phtalates dans les équipements électriques et électroniques, car ils dégagent des composés chlorés toxiques lorsqu’ils sont brûlés. Alors, faut-il interdire les phtalates dans tous les produits de consommation ? Valérie Boyer n’est pas aussi catégorique. « Dans le secteur hospitalier, des substituts sont possibles. Pour les contenants alimentaires, c’est plus difficile. Il n’y a pas non plus la même proximité d’exposition, et ne touchent pas que les publics vulnérables. »
Le bisphénol A en sursis
La toxicité des plastiques est remise en cause actuellement. Le Parlement vient de voter l’interdiction du bisphénol A (composante du polycarbonate) dans les biberons au 1er janvier 2011, et de débattre de sa présence dans les autres contenants alimentaires à partir de cette date.



































