Après l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy lundi soir, les réactions s'enchaînent. A droite, on se félicite, à gauche, on parle de tentative de diversion. Les syndicats quant à eux, déplorent un manque d'écoute.

Martine Aubry, première secrétaire du PS, résume l'intervention du chef de l'Etat: "Auto-persuasion" et "auto-satisfaction". "J'ai trouvé un président de la République qui parlait d'abord de lui-même, avant de parler des Français. Je l'ai trouvé vivant dans un autre monde, très loin des Français et aussi très loin de la vérité, sur le chômage, les retraites, la sécurité".

Quant à l'affaire Woerth-Bettencourt, "nous attendions ce soir des clarifications et des décisions et nous n'avons eu ni les unes ni les autres", indique le maire de Lille. "On avait l'impression qu'il était au coeur d'un complot tout ça pour masquer des questions totalement embarrassantes et totalement floues".

"Il y a manifestement suffisamment de choses à cacher"
"La France de Nicolas Sarkozy, c'est Mme Bettencourt qui reçoit 30 millions d'euros au titre du bouclier fiscal (...) et c'est 30 millions de Français qui sont à quelques euros près, pour terminer leur mois", a-t-elle lancé, en référence à la suppression des aides au logement pour les étudiants.

Le porte-parole du PS Benoît Hamon, est revenu quant à lui, sur l'idée rejetée hier soir par le chef de l'Etat d'un changement de cadre procédural - dans les trois enquêtes ouvertes liées à l'affaire Bettencourt - et réclamé par l'opposition. "On attendait qu'il offre des garanties, que, sur l'affaire Woerth, on puisse y voir plus clair. Il renvoie à l'enquête de IGF et à l'enquête du juge Courroye" lui-même "juge et partie dans cette affaire", dénonce-t-il, avant d'asséner : "Il y a manifestement du côté du président de la République suffisamment de choses à cacher pour qu'il ne juge pas nécessaire d'en appeler à un juge indépendant". Olivier Besancenot, porte-parole du NPA résume un " pensum d'une heure pour affirmer que rien ne changerait dans sa politique".

Retour "aux fondamentaux"
A droite changement de ton. Le Premier ministre François Fillon estime que le chef de l'Etat a répondu "avec précision et hauteur de vue à toutes les rumeurs et les calomnies. Tous ceux qui espéraient bousculer son autorité et affaiblir sa volonté d'agir en sont pour leurs frais." Pour Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'Emploi, le chef de l'Etat maintient le cap face à la tourmente. "Le président a affiché dans cette intervention un calme et une sérénité qui tranche avec l'hystérie récente du climat médiatico-politique."

Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée évoque le retour aux fondamentaux que la majorité parlementaire "appelle de ses voeux". Plus lyrique, Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP explique que Nicolas Sarkozy a montré "son amour de la France et une détermination sans faille à faire son travail sans perdre de temps avec les polémiques entretenues par ceux qui n'ont pas fait le leur dans le passé."

"haro sur les acquis sociaux"
Côté syndicats, le verdict est sans appel "aucune avancée". "Le sentiment que donne le président sur sa manière d'appréhender la situation économique actuelle et ce qu'il convient de faire, c'est : haro sur les acquis sociaux, c'est le seul moyen de retrouver la croissance", déplore le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, pour qui "le président n'a que des mauvaises nouvelles à annoncer aux Français".

"Il n'y a rien de nouveau, je ne sens aucune ouverture, ni sur le dossier des retraites, ni sur l'ensemble de la politique économique et sociale. Sur les retraites, il a d'abord confirmé qu'Eric Woerth conduirait le dossier, sincèrement, cela ne nous gêne pas (...) Par contre sur aucune des questions que nous contestons, il n'y a d'avancées, y compris sur la pénibilité. Il nous met au défi en ce qui concerne la journée d'action du 7 septembre", déclare Alain Olive, secrétaire général de l'Unsa.

Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT, chargé du dossier des retraites explique que le président est resté "sourd aux injustices." "Nous serons attentif aux décisions qui seront prises mais ce qui nous a consterné, c'est le fait de nier que c'est la crise qui est la principale cause des déficit des retraites", a-t-il conclu.

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