Les deux dernières études concernant le logement en France sont tout en paradoxe. Alors que les loyers du privé n’ont quasiment pas augmenté en 2009 (+0,1%), ceux des logements HLM grimpent en flèche (2%) en 2010.

La Confédération Nationale du Logement (CNL) vient de rendre son rapport mercredi après une enquête réalisée sur un peu plus de 1,3 million de logements, soit près de 30% du parc.

Près de deux tiers des organismes HLM n'auraient pas respecté la recommandation du gouvernement de ne pas pratiquer des hausses supérieures à 1% en 2010.

Dans cette lignée, le Président de la CNL, Serge Incerti-Formentini, demande pour l'année 2010 un gel des loyers, aussi bien dans le secteur privé que pour les HLM. Au micro de France Info ce mercredi après-midi, il demande un décret auprès du gouvernement et non plus des recommandations. Il dénonce le désengagement financier de l'Etat auprès des organismes qui n'ont pas d'autres moyens que "d'aller chercher de l'argent dans la poche des locataires HLM pour financer les travaux de réhabilitation".

Stagnation dans le privé
Paradoxalement, les loyers des logements du parc privé, des nouvelles locations et des renouvellements de baux ont cessé d'augmenter en 2009. Une première dans ce secteur, selon l'observatoire Clameur (Connaître les Loyers et Analyser les Marchés sur les Espaces Urbains et Ruraux) qui publie ces chiffres, ce mercredi.

Du jamais vu, pour Michel Mouillart, professeur d'économie à l'Université Paris X Nanterre et auteur de l’étude. L' explication résiderait dans la situation économique des Français : "la montée du chômage et la dégradation des revenus découragent les ménages dans leur volonté de déménager et pèsent sur les prix", explique t-il à l’AFP.

Conséquences directes de cette baisse de la mobilité: la colocation qui progresse, des enfants qui restent vivre plus longtemps chez leurs parents, l'hébergement d'un parent même éloigné progresse et enfin, des couples qui vivent sous le même toit même en cas de divorce. Le nombre de sans domicile fixe quant à lui explose.

Des loyers qui baissent dans les grandes villes
A noter tout de même, que cette stagnation intervient après une envolée des loyers depuis le début de la décennie (+4,7% en 2005, +6,7% en 2002) soit une moyenne de 3,0% par an depuis 1998.

Un paradoxe qui joue en faveur des grandes villes puisqu'elles voient leurs loyers baisser au début de l'année 2010. C’est le cas de Neuilly Sur Seine (-6,4%), Nancy (-4,5%), Strasbourg (-3,1%) ou encore Bordeaux (-1,2%). Idem pour la capitale qui connaît une légère accalmie avec une baisse de 0,8%.

A l'inverse les loyers des villes moyennes progressent. Les hausses les plus significatives concernent Clermont-Ferrand, Versailles (+5,9%) et Argenteuil (+5.7%).